Un regard sur la route

21 décembre 2014

 

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HEY ! 

À tous les geeks de la bande, aux branleurs de joystick, aux passionné(e)s d'univers parallèles, aux amoureux de fictions, aux fous des mots et des bulles, aux arrachés du slip et aux chevaucheurs de licornes rose, j'ai une nouvelle à vous annoncer !

Un grand ami vient de lancer un site internet sur la culture geek. Le site s'appelle gforgeek. Il s'agit d'un site recueillant des dossiers sur des sujets divers et variés, et des critiques d'oeuvres (livre, jeux-vidéo, film, manga, jeu de guerre...). À la base du site, il y avait un forum, dont j'ai sûrement parler à nombres d'entre vous. Ce forum a grandi, évolué et s'est transformé en site, tout beau, tout neuf, intégrant un nouveau forum à l'intérieur.

Pour ce site, j'ai écrit un article.

Il parle d'un comics novateur que vous pouvez lire sur la toile : « The Private Eye ». C'est un « Paie ce que tu veux ». Donc potentiellement gratuit, pour ceux qui veulent le découvrir, et donner par la suite un pécule de motivation. C'est écrit par Brian K. Vaughan et dessiné par Marcos Martin. C'est de la surballe. Du lourd de chez lourd. Du rutilant, du coloré et du passionnant. J'ai même eu le droit à une interview de Laurent Queyssi, traducteur du comics, mais aussi écrivain, scénariste et chroniqueur pour l'émission : « Plus ou Moins Geek ».

Here we goooo, comme disait Mario !

Le site : GForGeek

Mon article : The Private Eye

The Private Eye : Panel Syndicate

 

1

 

P.S.Vous pourrez me trouver sur le site sous le pseudonyme de « L'âme saoule ».

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13 décembre 2014

UNE NOUVELLE LITTERAIRE

 

La Fin et le Début

Antoine Delahaye

1.

FM – 90.7 / Radio-Soleil :

« Salut à toi camarade ! Nous sommes en 2016 et tu es bien sur la radio la plus punk que le mot punk lui-même ! Ouvre-bien tes esgourdes, ça va rocker dur dans les chaumières, ça va pulser du son dans tes artères ! Tout de suite, un morceau des « Brassens Not Daïd » !»

 

2.

En fermant la porte du taxi, la chanson s'estompa d'une pirouette et les turbulences de la rue m'assaillirent aussitôt. Devant moi, des gens faisaient la queue le long du trottoir, des sirènes de police sifflaient dans l'air et le froid humide de Paris me scotchait les joues. L'hôtel particulier était submergé par une marée montante de journalistes, tous prêts à mordre leur voisin pour obtenir les quinze mots les plus attendus de tous les Temps.

Oui, le 16 Novembre 2016 allait devenir une date historique.

Quand les portes s'ouvrirent et qu'il apparut, habillé d'un long manteau noir, escorté de douze garde-du-corps, ce fut l'hystérie totale. Les flash crépitèrent de partout, les caméras Tontube s'activèrent, re-balançant des mégaoctets de pixels sur la toile et sur les ondes. Il s'arrêta au milieu du tapis rouge et demanda le calme. Avec un regard que jamais personne n'avait vu en lui. Une émotion qui suffisait à elle seule les milliards d'euros en jeu et le pic d'audimat.

Ainsi, Super-Monde, le super-héros le plus puissant de tous les temps, sauveur de l'humanité à plusieurs reprises, et originaire d'une soit-disante planète extra-terrestre, l'homme dont la vie avait modelé la surface de la Terre et pouvait prétendre au titre d'Homme Politique le plus influent de tous les temps, prit la parole :

« Bonjour à tous. J'ai une nouvelle très importante à vous annoncer. Une nouvelle qui à coup sûr va révolutionner la face du monde, dont je suis le gardien... Ou du moins, je l'étais. Aujourd'hui je vous l'annonce : aux alentours de quatorze heures, heure parisienne, j'ai perdu mes pouvoirs... »

Un raz-de-marée de silence remplaça le brouhaha des journalistes.

Et alors le visage de Super-Monde, qui avait été tant de fois filmé, caricaturé, auréolé, sublimé, violé, sanctifié, versa une larme.

Une simple larme.

Yann Delahire, pour le journal FranceJour.

 

3.

Le Blog d'un Fou vous ouvre ses portes !

Si vous êtes étranger à la langue de Cervantès, activez vos traducteurs automatiques, bandes de furoncles ! Je sais que vous êtes des blattes et que la couronne des Malades–Mentaux trône sur mon crâne, mais ne fuyez pas, la traduction informatique de Boogle suffira, et de toute façon, rien ne pourra rendre de manière authentique cette folle nouvelle.

Tout à l'heure, alors que je regardais des arrestations de pédophiles en direct, j'ai eu un pop-up ultra-virulent du site mexicain.com :

SUPER-MONDE A PERDU SES POUVOIRS !

BORDEL DE MERDE !

Les bras m'en sont tombés, les gros ! Pas par ce qu'il annonçait, non ! Mais parce qu'il l'avouait en direct, le con ! Personnellement, si j'avais été à sa place, moi, moi, moi, j'aurais jamais ouvert ma gueule et j'aurais laissé croire tout le monde que je pouvais encore soulever des avions et des paquebots ! Je me serais barré à Honolulu, avec des cocktails et des putes ! La belle vie, bambino ! Lui, NAN ! Que dalle ! Il avoue tout de go qu'il n'a plus un pet de muscle et qu'il ne pourra plus jamais sauver le monde ! Merde alors !

Double merde : j'ai appris, il y a vingt minutes, par le web-zine Del Narko, que notre super-héros mexicain préféré, El Niño de Fuego, avait été retrouvé sur la route menant vers Oaxtepec, pendu par une jambe, les tripes à l'air. La nouvelle est d'autant plus impressionnante, que cela impliquerait la perte de pouvoirs de plusieurs autres super-héros. Voir même de TOUS les super-machins !

Vous vous rendez-compte du BORDEL ?

Est-ce que les cartels étaient au courant, ces sales rebuts bling-bling, ces stars de la mort ? J'en sais foutrement rien. Tout ce que je sais, c'est que ma mère, qui l'aimait bien, El Niño, a pleuré en apprenant la nouvelle. Elle est restée béate, son café entre les mains. Les fumerolles s'envolant sous non nez. Pour presque rien.

Voilà.

C'était l'article du jour sur le Blog d'un Fou.

Maintenant, sortez de chez vous, faîtes un feu et trouvez-vous une cape de super-héros avant que ça devienne des reliques !

Jéricho Tarentule

 

4.

 

« Est-ce la fin des Super-Héros ? »

La phrase de la présentatrice du journal télévisé claqua comme une annonce apocalyptique.

« Aujourd'hui, nous invitons Patrick, élu l'homme le plus banal du monde d'après le sondage Pipo-p... Bonjour Patrick ! »

« Bonjour. »

« Comment vous sentez-vous Patrick, après cette annonce ? »

« Plutôt bien. J'ai l'impression que le monde va devoir changer... »

« C'est à dire ? »

« Et bien, disons que l'ère des êtres extra-ordinaires et de ce show-biz de la super-jet-set est finie... Enfin, presque. Aujourd'hui, nous sommes rendus à l'évidence : le seul pouvoir au monde réside non pas sous le costume d'un super-héros, mais bien entre nos mains. »

« Ce n'est pas un peu paradoxal venant de votre part ? »

« Si, parfaitement. Mais je pense que chacun peut changer. Rien n'est écrit. C'est à nous d'écrire nos vies. Et si ce titre me colle encore à la peau, je ferais ma mue.»

« Très bien. Maintenant, venons-en à la question que tour le monde se pose. Quelle est l'origine de cette perte de pouvoirs ? »

 

5.

LaTerre.fr avec AFP | 18.11.2016 à 04h16 • Mis à jour le 18.11.2016 à 17h34.

S'abonner. Réagir. Imprimer. Insulter.

Après l'annonce de Super-Monde, la nouvelle de la perte de pouvoirs des super-héros connait un flot de répercussions impressionnant à travers le monde. De la plus fantasque à la plus sérieuse, comme la découverte de la véritable identité de la Femme-Angora, qui ne serait rien d'autre que la reine des Pays-Bas.

De leur côté, les Etats sont surmenés par les manifestations, les plaintes et les menaces d'invasions extra-terrestres. Des malfrats de tous bords seraient sortis de leurs cachettes et se promèneraient impunément dans les rues de Marseille, Hambourg ou Naples, pistolets à la main, couteaux sous la ceinture. Les incidents près de Mexico témoignent de la violence déclenchée par la nouvelle. La disparition des Super-Héros employés par l'ONU est alarmante.

En France, suite à la Grève du SDSP ( Syndicat Des Super-Héros) et à la démission de son directeur, de nombreux pillages ont été enregistrés dans les villes.

Plus d'informations dans la nouvelle mise à jour.

 

6.

Tontube, vidéo mise en ligne le 19 Novembre 2016.

Nous, le Peuple de la Toile, affirmons avoir dénicher la Source du Grand Mal.

Nos Enquêteurs Masqués de la Confrérie de la Toile ont trouvé, par recoupement, et après le piratage de plusieurs canaux d'informations et des bases de données de la CIA, de la DGSE, du SVR, que le rayonnement ayant entraîné la perte de pouvoirs de tous les super-héros du globe, proviendrait des grandes mégalopoles mondiales et se synthétiserait sous une forme étrange, organique et informatique, que nous avons baptisé le Cancer.

Nous affirmons que ce réseau virulent aurait été financé et protégé par les Etats et que la perte de pouvoirs des super-héros serait une conséquente incontrôlée de l'agrandissement de ce Cancer. Le cobra s'est retourné contre son maître. Edward Neigeux, ayant participé au projet du Cancer, a divulgué de nombreuses informations. Il a été envoyé sur une base lunaire, pour se protéger, après qu'il ait été démasqué.

Cette vidéo sera automatiquement détruite après huit minutes de diffusion. Faites des sauvegardes. Propagez la nouvelle. Les Etats sont complices. Les super-héros, les victimes.

Signé : Le Peuple de la Toile.

Catégorie : Super-héros.

Licence : Tontube.

 

7.

Extrait d'une interview donné à la sortie du Journal Télévisé, par Patrick, l'homme le plus banal du monde, :

« La question qui porte sur la modification et la déformation de mes propos par TFONE n'est pas importante. Depuis des années, les médias déforment le monde et nous inocule le venin anesthésiant du nom de : facilité.

Aujourd'hui, dans un monde où la réalité dépasse la fiction, où Edward Neigeux doit partir sur la Lune pour protéger sa vie alors qu'il est le vrai héros, dans un monde où les super-héros ont perdu leurs pouvoirs et où les Etats dévoilent leurs connexions avec le Cancer, où l'Homme-Tarentule est redevenu photo-reporter, c'est peut-être au tour des lambdas de devenir des alphas. Le pouvoir, nous l'avons dans nos mains, et dans les liens qui nous unissent aux autres.

Ré-axons chacun nos atomes et participons à la reconstruction d'un monde. »

 

8.

Extrait du nouveau roman de Fabrice Thiellement, aux éditions Sonata :

Sous l'épaule d'un chêne barbu, autour d'un feu de brindilles, se lovait une femme et un enfant.

Ils étaient recouverts de pelisses et leurs cheveux étaient ornés de plumes. L'enfant avait des stries sur la bouche faites au charbon et la femme s'était peint les joues avec de l'ocre.

Alors qu'elle fixait l'enfant à travers les ombres, elle agita ses mains en forme de coque, puis déversa le contenu dans un petit cercle de pierre. Des osselets, un cristal de roche et une améthyste s'entrechoquèrent puis s’arrêtèrent.

Posant son nez au-dessus du jet, elle fit la moue :

« Que voyez-vous mère ?, demanda l'enfant, dans sa couverture duveteuse.

- C'est mystérieux et beau en même temps. Nous sommes à la lisière d'une nouvelle ère... »

 

FIN.

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(Crédit image : Top 10, Alan Moore - Gene Ha )

P.S. Pour plus d'informations à propos de cette nouvelle, lire l'article ci-dessous.

 

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12 décembre 2014

MON FRERE, RUSSO AMORALE ET UNE NOUVELLE DE SUPER-HÉROS.

 

Je me sors les doigts du fion pour vous écrire un petit peu. J'aimerais avant tout vous parler de deux personnes qui me tiennent à cœur. Mon frère et un grand ami.

Mon frère étudie aux beaux-arts depuis 3 ans et demi. Il a souvent collaboré avec moi pour des projets littéraires. C'est lui qui a fait les principales illustrations de mon petit roman : « Patrick » et c'est aussi lui qui a dessiné la couverture de ma nouvelle de science-fiction « Microcosme » qui paraîtra bientôt dans le numéro 2 d'Altata Comics. Il a style particulier. Qui oscille entre le brouillon organique et le déstructuré punk débile. À vous de voir. Je n'aime pas tout ce qu'il fait, mais c'est souvent très original, comme ses dessins de souvenirs faits à l'aveugle. Ou encore ses recherches sur l'univers graphique du monde des supporters de foot !

Je vous invite à faire un tour sur son tumblr ( ICI ), c'est assez renversant !

 

***

Le grand ami dont je voudrais vous parler porte le pseudonyme de Russo Amorale. Ce vagabond des espaces infinis jouent admirablement bien de la guitare. Combien de fois l'ai-je écouté jouer et combien de fois suis-je parti en trans grâce à son talent ? Je ne pourrais vous le dire. Sa musique étincelle et réchauffe. Il chante en italien. En anglais. En français. Il a sortit quatre chansons dernièrement, qui valent sacrément le coup d'tympan. Je vous invite à les esgourder derechef ! ICI !

 

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***

En ce qui concerne ma nouvelle, sachez que j'en posterais bientôt une ici. Je l'ai écrite il y a maintenant un an, dans un contexte bien particulier, puisqu'il s'agit d'une participation à un concours. Le concours était celui d'Edilivre, une maison d'édition alternative ( qui est en fait une maison d'auto-édition). Il s'agissait d'écrire en 48H une nouvelle sur un sujet précis. Avec des amis, nous sommes lancés dans l'aventure. C'était super motivant d'être plusieurs. Le sujet était : « LE POUVOIR ». J'ai décidé d'orienter ma nouvelle dans l'univers des super-héros. Et je suis assez content du résultat, malgré son côté éclaté. Elle est arrivée 31ème sur 1200 participants. Et pour plus de suspens, je vous la posterais demain !

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29 octobre 2014

NJJ, PROCES ET THE HANDSOME FAMILY.

 

Si vous habitez dans les alentours de Nancy et si vous aimez les bons journaux, ceux qui sortent de la terre locale, qui sont faits avec passion, qui sentent la sueur et le combat, qui mettent en avant l'indépendance et les gens qui ne comptent pas, je vous conseille vivement d'acheter « Le Nouveau Jour J. » J'y ai fait mes armes, bien que ma participation dans ce journal fut plus manuelle que textuelle ( sexuelle, un peu, aussi...).

Ce journal me tient encore plus à cœur depuis que je me suis retrouvé devant les flics pour une pauvre histoire d'affichage. Cette histoire banale -rien d'héroïque là-dedans- a tellement enquiquiné les pouvoirs locaux ( la mairie de Nancy, le Grand Nancy) qu'ils se sont mis dans l'idée de nous faire la peau. Oui, foutre une amende de 7000 euros à une association de bénévoles qui se bats pour donner naissance à un journal alternatif, c'est lui couper les pattes. Cela donne aussi la couleur de ces grands démocrates et l'attrait qu'ils peuvent porter pour un organisme alternatif et un tant soit peu grande-gueule.

Bref.

Sachez donc que le Nouveau Jour J, petit journal de Nancy, s'est retrouvé devant le tribunal de Nancy pour une histoire d'affichage sauvage... Assis entre une histoire d'un chien qui a bouffé un mouton et des histoires de dérapages sur un terre-plat ( Autant dire, du très très lourd, Oscar Pistorius, va-te cacher...), nous nous sommes retrouvés devant un juge, un procureur, un greffier et nous avons expliqué notre problème, la démesure d'une peine qui n'aurait pas mérité autant de blablablas, le manque d'emplacement pour de l'affichage libre et une volonté assez féroce de combattre une aussi petite structure que la notre.

Le truc, c'est que ce procès, on l'a gagné.

Et que le dernier né du Nouveau Jour J. est l'un des meilleurs numéros sortis. Vous pouvez aller sur notre site. Les numéros s'achètent dans tous les bons buralistes de Nancy et d'ailleurs ( Pont-A-Mousson et Longwy !)

Voilà.

Couverture du Numéro 11

 

 ***

La troisième chose dont je voulais vous parler ( la première, c'était ma nouvelle de SF, la deuxième, c'était le NJJ), c'est d'un de mes potes. Musicien, il a fait une magnifique reprise du générique de « True Detective »: Far From Any Road – The Handsome Family. Comme elle poutre grave, il fallait que je la partage ! Le gus s'appelle Sieur Hache, il vit en Finlande en ce moment et il a une belle barbe à bière qui ferait peur au Père Noël !

Ecoutez plutôt !

C'est !

(Sur son soundcloud, vous pourrez aussi trouver des reprises d'Elliot Smith, de Joy Division ou encore de chouettes improvisations au banjo...)

 

The Handsome Family

 

D'ici là, portez vous bien ! Je vais continuer l'écriture de mon roman, en attendant que mon frère fasse la mise en page de « Patrick » ! (Allez Jeannot ! )

Tschüss !

 

L'âme Saoule

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27 octobre 2014

PHOTOGRAPHIES PARISIENNES.

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26 septembre 2014

Salut à tous !

Petit message à tous ceux qui ont lu mon journal de Chine : J'ai oublié de vous montrer un élément non négligeable de cette histoire : le produit fini ! Et oui, je ne suis pas parti avec les copains pour cueillir des nénuphars à Pékin, mais pour faire un reportage sportif !

Voici la fameuse vidéo ! C'est ma tournée !

 

Terrain de Jeu - Episode 6 : Objectif Chine

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16 septembre 2014

Salut à tous, auto-stoppeurs, marchands de sable et voleurs de cigarettes !

 

Je vous écris pour vous parler de trois choses ! Trois !

La première -si votre mémoire est bonne- ne vous est pas inconnue, puisque je vous en ai déjà parlé il y a quelques temps ! Il s'agit de la parution d'un fanzine dans lequel se trouve une de mes nouvelles ! Yeepeee ! Hourra ! Victoire !

Ce fanzine est le deuxième d'une petite maison d'édition du nom d' « Altata Comics », et qui se situe en Lorraine. Le premier tome, « Pâté Lorrain » était un recueil de plusieurs bande-dessinée autour des contes et légendes de Lorraine. Le deuxième, « Futur(s) » sera lui aussi un recueil de bande-dessinée, dont le sujet sera, -attention suspens...- : « LE FUTUR ! ».

Par chance, j'ai le droit à une petite place en fin de fanzine pour une grande nouvelle de 20 pages qui s'appelle « MICROCOSME » ! Et putain, je suis trop content qu'elle sorte, celle-ci ! J'y ai mis tous ce que j'avais, mes tripes, mon cœur et mes neurones. J'espère que vous prendrez le temps de la lire. En tout cas, le fanzine est en cours de financement sur la plate-forme Ulule (Déjà financer à cette heure...). Vous pouvez néanmoins donner quelques deniers, de 5 euros à 10 000 euros, comme vous le souhaitez, et vous aurez une belle édition et toute ma reconnaissance !

« Microcosme » est une nouvelle de science-fiction qui parle d'un mec, Djan, qui vient de quitter le Facebook locale, et qui comprends après l'intervention d'une amie, que sa sœur est restée emprisonnée dans un autre réseau, plus gros celui-ci, plus performant et plus touffu : le « Microcosme ». À contre cœur, il se voit obligé de plonger dans le trou du lapin blanc pour la retrouver... Ça se passe en 2035, David Bowie fait une apparition, des Fleurs-Bonbons tombent du ciel et une Néphile Doré squatte la fin !

J'espère que cela vous a donné envie !

C'est par là : LÀ !

Voici la couverture du fanzine :

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P.S. La prochaine fois, je vous parlerais d'un journal alternatif, que vous connaissez sûrement si vous me lisez depuis plus d'un an, et qui promet !

11 septembre 2014

JOURNAL CHINOIS

 6/6

 

Samedi 26 Juillet : 9ème Jour

 

Il est 23H50.

L'avion va bientôt démarrer.

Beijing – Dubaï.

Sur mon siège, je ferme les yeux. Et je me remémore la journée en marche arrière, comme si, depuis ma position, je pouvais rembobiner le fil de mes pas. En 700 images par secondes.

D'abord, l'aéroport. On discute avec un flamand. Il fait de l'animation et ressemble à un junky. Des Sud Africains ont raté leur avions. Douane. Le bus. En marche arrière. Au KFC. Il fait nuit, on mange et c'est bon. Laura garde les bières consignées. Ça me marque. Quentin pose avec des passantes sexy et je les prends en photo. Puis on s'arrête. On lève les yeux. Et on mate les immeubles « Adidas » aux contours futuristes. « Uniqlo ». « H&M ». « Prada ». On se croirait dans un décor de science-fiction. Mélanges des souvenirs. Les autres font des emplettes dans un grand centre commerciale, et avec Quentin, on filme la ville. On s'est mit sur un pont, au-dessus d'une artère et on a réussi à chopper le coucher de soleil, orange et rouge, entre deux branches d'arbres. La circulation est très dense en dessous. Deux vieux clochards mendient et dorment sur le pont. Et aussi, aux premières marches, un type sans bras sur un fauteuil roulant, dort, avec une espèce de pâte jaunâtre sur le crâne qui ressemble à de la moutarde.

Encore en arrière, il y a le centre commercial. Puis le trajet en bus. L'eau fraîche que Loïc a acheté, un miracle. Les cartes postales écrites en deux-deux. Et le soulagement après le plus gros flip de l'histoire. Une demi heure d'attente à la sortie de la Citée Interdite. Seul. Sans portable. Sans aucun moyen de communication. Entouré de milliers et de milliers de touristes. Avec personne de l'équipe à l'horizon. Moi, mon trépied et ma caméra. L'impression d'être un pauvre gamin perdu. L'attente interminable. L'air con.

Encore avant, flashback. La cité Interdite.

Imposante. Massive. Titanesque et sublime. Visite trop rapide pour en saisir la magie.

Je rembobine encore, les gens marchent en arrière et parlent étrangement. Certains passages sautent. D'autres coulent.

La place Tiananmen. Vaste. Remplie de caméras. La tête de Mao, au loin, nous regarde en coin, avec ses grosses bajoues de bouffeur de riz, de révolutionnaire communiste et de tyrans meurtriers.

Encore le bus.

La cassette qui tourne en arrière fait un bruit de machine à laver du temps.

On rentre dans le bus, à fond. Et puis, la Muraille de Chine. Je sens des gouttes de sueur dégouliner le long de mes mollets. La montée est à pic. Interview sur une tourelle. Pauses et poses. Mais on doit redescendre. Touristes. La muraille est impressionnante. Envie de grimper pendant des heures.

Et encore avant, dans le bus du matin, je lis un passage du routard sur le printemps 1989. Et la révolte étudiante. Laura m'explique que la place Tiananmen (« Place de la porte de la Paix Céleste ») est très surveillée maintenant, parce qu'elle représente un haut lieu de contestation. Aujourd'hui, comme les gens ont leurs téléphones portables, pas de révolution. Des voitures doublent le bus alors que les voies sont bloquées. Ils sont fous ces chinois.

Et soudain, le réveil dans l'hôtel, à Beijing.

Les petits yeux fatigués.

Les étoiles du réveil.

Les yeux qui papillonnent...

En même temps, je suis là. Dans l'avion. Sur mon siège. Je peux revenir sur la place Tiananmen, dans ma tête. Observer, en souvenir, les gens qui marchent au ralenti. Mettre un nez rouge sur celui de Mao. Me balader sur l'échine des grandes maisons qui composent la Citée et sauter au-dessus des places pour voler. Doucement.

J'aimerais dormir, mais mon corps ne veut pas. Nuit blanche dans l'avion.

 

Dimanche 27 Juillet : 10ème Jour

 

Arrivé à Dubaï. Douche bienfaisante. Chocolat chaud. Chiotte. La base.

Lolo, Mils et Quentin se reconnectent sur Facebook. Parenthèse étrange où je les regarde tout les trois sur leurs téléphones, retrouvant les informations de leur entourage. Facebook, c'est un peu le journal locale. Avec du débile, du banale, du narcissique et parfois du chaleureux, du partage et de l'information.

Départ.

Impossible de dormir. Mes nerfs sont tellement noués qu'ils me font mal. Je regarde « Dallas Buyers Club ». C'est émouvant. Réalisé un peu comme un épisode de série télé. Mais avec de putains d'acteurs. Arrivée à Charles de Gaulle. Adieux avec les copains. Clap de fin.

Marche pour le métro. Quelle est la différence entre l'aéroport de Pékin et de Paris ? À un alphabet près, rien.

 

Conclusion :

 

Après toutes ces aventures, je me dois de faire un petit topo. J'ai écrit le mot « Conclusion » là-au-dessus, comme un bon élève, mais il s'agit plutôt d'un dernier paragraphe pour la route, comme un dernier verre.

Si je devais retenir quelque chose de ce voyage, c'est forcément les instants partagés. Dis comme ça, ça fait bateau. Mais c'est vrai. Les découvertes communes, les rigolades entre potes, le tournage et les moments de pause, la découverte d'un pays, la Chine et ses habitants, accueillants, roublards, humbles et simples, que ça soit Michèle ou le petit joueur de ping-pong, c'est ça que je garde. Vous pouvez me comparez avec le scribe dans « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », il n'a finalement pas si tort, le Otis.

En tout cas, je me serais pris la Chine en pleine gueule. Elle m'aura brisé les clichés en un plaquage et m'aura ouvert sur un monde d'une autre échelle. Alors que j'imaginais ce pays avec son petit paysan, cultivant sa rizière, pépère, avec un air de musique zen en fond, j'ai pu voir avec les copains, un méga-monde. Une civilisation en pleine expansion. Qui pousse et gonfle comme un champignon monstrueux. Rien que l'urbanisme est à crever les yeux. De la science-fiction à l'état pure, voilà ce que c'est. De la pollution et des millions d'humains.

Je regrette peut-être la rapidité du voyage, qui nous aura permis de découvrir qu'un petit bout de l'Iceberg, mais ça n'était pas un voyage touristique. Ce voyage m'a été offert et ce fut une putain de chance. Merci donc à tout le monde, Loïc, Quentin, Emilien, le SAS Epinal, le Conseil Général des Vosges, Michèle et Laura, les entraîneurs et les joueurs.

Pour terminer, j'aimerais juste garder quelques images-desserts, celles qui font plaisir à la fin, pour partir tranquillement sur d'autres routes.

En prononçant le mot Chine, je me rappellerais de son odeur. Animale, moite, rance, fauve, oscillant entre le relent de chiotte, le vinaigre et le riz chaud.

Je me souviendrais aussi de ces gourdes transparentes que les chinois transportaient avec eux comme de petits aquariums, dans lesquels on pouvait voir quelques feuilles de thés flotter dans l'eau, accompagnés d'autres poissons bizarres, comme une rondelle de citron ou des formes blanches louches.

Je me rappellerais surtout de cette marche nocturne dans Pékin, la nuit. Les portes entrouvertes sur ces cours minuscules, ces venelles étroites, ces lampions rouges devant chaque magasin, l'air tiède, la poussière jaune, les regards dans la nuit, les joueurs de cartes qui lèvent la main pour miser et les feuilles d'arbres qui crissent...

Xiè xiè !

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10 septembre 2014

JOURNAL CHINOIS

 5/6

 

Jeudi 24 Juillet : 7ème Jour

 

Forcément, ça n'aurait pas été drôle si le lendemain, on n'avait pas dû se réveiller à 6 heure du mat' pour filmer LE TRUC le plus important du séjour... Naaaaaaan. Grosse gueule de bois, donc. Le « Chinese Spirit » remonte du fond de l'estomac et nous dit « Bonjour », avec ces 45 degrés de patriotisme. Dur dur, le réveil.

Petit dèj. La finale du tournoi se déroule à 7H30. Epinal joue contre des coréens. On se dit que ça va être pépère. Ils vont leur mettre 6-0 dans le calbut et on en reparlera plus. Sauf que les coréens ont la gniack(oué). Premier but pour les coréens sur une erreur du gardien spinalien. Déconfiture. Aucune réaction des coachs. Mais égalisation rapide. Puis devancée d'un but. Au trois quart du match, 2-1 pour Epinal. Encore une fois, je pensais que c'était plié. Quetchi ! Les coréens égalisent à la toute fin de match. Ouch ! Pas de prolongation, on va directement au pénalty. Après un arrêt magique du gardien et des tirs réussis de la part des spinaliens, la victoire est assurée. Parthouze de joie. Yeepeekayai. On va pouvoir retourner nous coucher. Mais quand même avec des frissons de joie partout dans le dos.

L'après-midi, cérémonie de clôture sous la pluie. Dragouille des ados avec les coréennes. Ils reçoivent la Coupe. Joie et danse. Retour au centre sportif. Soirée boum pour clore le tout. Avec autant de budget que le « Plus Grand Cabaret du Monde ». La salle est immense, une équipe de tournage (5 caméras, plus une grue) enregistre la soirée. On a l'air de gitans, à côté. Présentateurs bien sapés. Danses de joueurs provenant du Xinjiang. Musique arabisante. C'est par là-bas que vivent la communauté des ouïghours. Les vosgiens, eux, font la chorégraphie de Moussié Tombola. Je ne vais pas critiquer ce choix musicale, je suis un spectateur lambda, ce soir.

Découverte des trois entraîneurs : Djamel, Micka et Alex. Ces mec m'impressionnent. D'un côté, Djamel est un vrai capitaine de navire. Une main de fer dans un gant de velours. Il a une incroyable lucidité et une excellente lecture du jeu. Que cela soit footballistique ou existentielle. Mika est plus en retrait. Plus dans la confidence et dans le soutien. Lui n'a pas besoin de parler pour s'imposer. C'est une force de la nature. Alex c'est la patte culturel et sociale. Il a joué avec Djamel dans l'ancien temps, ça créé des liens. Il est réfléchi et entraînant (Pratique pour un entraîneur...).

 

Vendredi 25 Juillet : 8ème Jour

 

Préparation des valises. Départ en bus pour le centre ville de Weifang. On se croirait dans Blade Runner. Grands immeubles. Carrefours. Artères. Veines. Pulsations hautes fréquences. Panneau publicitaires immenses. On rentre dans un centre commerciale propre et impeccable. Mais cher. On demande à trouver de la contre-façon. Michèle nous emmène dans un autre marché. Plus bordélique celui-là. Avec de petits couloirs, composé de centaines de petits cubes, avec un chinois ou une chinoise à l'intérieur, qui glande ou regarde des séries sur son portable, et qui nous regarde d'un air curieux quand on passe devant eux.

Midi, retour au centre. On mange des assiettes repas d'Alsace. (Merci Papa !) Dernière clope dans l'hôtel avec Emilien. Bus. Direction la gare. Nous rentrons dans un TGV. Autre ambiance. Dans le train, on refait une belote avec Djamel et Alex. C'est là que va se jouer une répétition de l'Histoire, comme en fait tout les jours. C'est là que l'arc narratif de la belote reviens ! Accroche toi à ton slip, mon cher lecteur !

En effet, cette première partie dans le train ressemble étrangement à la terrible défaite que nous avions essuyé lors de notre première rencontre à l'hôtel. La situation est là : avec Loïc, nous avons remontés admirablement et nous ne sommes plus qu'à quelques points de remporter la manche. Je me retrouve dans la même position d'il y a quelques jours. Soit je prends, je refais la même erreur et je me fracture le crâne de honte... Soit je prends, et je réussis ce paris. Débile et têtu comme un âne, je tente le tout pour le tout et je prends. Les plis s'accumulent. Décompte des points. Suspens. Verdict : on l'a fait. Joie !

Apprendre à ne pas réitérer ses erreurs, c'est tout un art, mais un art nécessaire si on veut évoluer. Proverbe chinois.

Beijing. Une petite dame toque de toutes ses forces à la fenêtre de notre compartiment. C'est notre guide de la capitale, Laura. Sortie de la gare. Nuit. Bus. Les rues de Beijing sont bondées, animées. Immenses artères comme on en a jamais vu. Direction, le restaurant. Arrivée devant un grand bâtiment. Moquette rouge. Grande salle. Des cuisiniers arrivent et découpent des canards laqués devant nous, à vitesse grand V. Avec les morceaux, de la sauce, de l'oignon ou du concombre, on fait de petits sarcophages. Qui s'avèrent excellent. Retour en bus, la panse bien remplie. Hôtel. Les ados sont envoyés dans leurs chambres. Nous profitons alors d'un moment de répits pour filer en douce prendre la température et se laisser aller dans les rues. Marche nocturne avec les quatre fantastiques. Sûrement l'un de mes moments préférés.

Petite ruelle déserte. Air calme. Échoppes. Lumineuse et blanche dans la nuit caramel. Devant certaines, des types mangent. Des brochettes accompagnée de bières. Ou des plats étranges et fumants. Les fenêtres des petites maisonnettes sont magnifiques. Devant les portes, les lions ont toujours des gueules de cons. Les briques se mêlent aux câbles. De petites motos une place attendent. Emplettes. On marchande à 11h du soir. Puis, on continue notre marche. Quentin a le nez en l'air, l'oeil curieux. Lolo, fatigué, marche lentement, avec ses claquettes, le dos qui ondule. Emilien, avec ses lunettes de soleil, prends des photos. Moi, je suis content que mon appareil photo n'ait plus d'écran. Je prends des photos au pif, sans savoir ce que ça donnera. Arrivée devant un lac. Petite loupiote au fond, dans la glu noir de la nuit. Terrasse. Bar  « Le Lotus Bleu ». Ecran de télévision où le Tour de France est diffusé. Etrange de voir ça ici. On nous propose de rejoindre des lady. Non merci. Retour.

Sur le bord de la rue, allongés sur des matelas, toute une famille dort. Ça ronfle et ça rêve. Plus loin, à la lumière d'une échoppe, une partie de carte se joue. De l'argent est posé sur la table. Des épluchures de cacahuètes jonchent le sol. Les mecs lèvent un doigt. On repart. Douche. Dodo. Grosse journée demain.

C'est beau une ville la nuit.

 

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09 septembre 2014

Journal de Chine

JOURNAL CHINOIS

 4/6

 

Mardi 22 Juillet : 5ème Jour

 

Matin, grasse matinée. Dehors, 82% d'humidité. Une torpeur moite qui t'étouffe et te bouche les narines d'un coton invisible. Odeur dégueulasse dans l'air. « C'est moi ou ça sent les égoûts ? »

On filme l'entraînement du matin, au milieu d'une brume jaunâtre. Le soleil se cache derrière ce voile opaque. Des centaines de grosses libellules vrombissent tout autour de nous. On dirait qu'elles s'entraînent, elles aussi. Avec Quentin, on doit se placer sans se gêner pour filmer. L'art du cameraman réside dans la création d'un cadre photographique propice à la capture du mouvement. Pour que l'image soit belle et que l'action soit prise dans son ensemble. Parfois ça marche, parfois ça coince. T'as vu comme j'ai bien appris mes cours de cinoche ? Hein ? Si ça t'ennuie ce que je dis, tu peux aussi te peinturlurer les testicules avec de la térébenthine ! C'est pas moi qui le dit, c'est San-A. Oui lecteur, pendant le séjour, j'ai lu un livre de San-Antonio. Et comme d'hab', ça transpire sur mes relents stylistiques, j'y peux rien.

Après-midi, pause. Visite du centre d'entraînement de ping-pong. On assiste à une compétition. Rentrée en ligne des arbitres et des joueurs sur une musique patriotique. Old-school, les gars. Par contre, ça envoie de la chique pendant les matchs, à vous donner le tournicolis !

Derrière la compèt, on fait quelques balles. Loïc joue contre une chinoise. Il joue bien le Lolo. C'est alors qu'un bambin s'approche de nous. Avec les mêmes joues-joues que Mao-En-Tong. Michèle, l'interprète, me propose de jouer contre lui. Je suis tout heureux. Enfin un adversaire à ma taille ! Raquette en main, on fait quelques échanges. Et là, v'lan, le petit bout'd'choux me destroy la gueule, façon David contre Goliath. Trop rapide le p'tiot. Il me dégomme des bastos de derrière le filet, j'suis aux fraises. Le seul moyen que j'ai pour le mettre dedans, c'est de faire des balles hautes, mais faut préciser qu'il a 8 ans le champion et qu'il doit mesurer 40cm au garot. Lolo prends la relève. A l'aise. On prends des photos avec le ping master. Je fais pâle figure. Le père du gamin, à côté, a un sourire grand comme la muraille de Chine.

Fin d'après-midi, deux victoires faciles de nos footballers. Je les engueule en leur expliquant que j'ai parié pour un 8-0 et qu'un petit effort ne serait pas de refus. Ils rigolent. De toute façon, ils sont en finale... Ils sont en finale... Ils sont, ils sont, ils sont en finale... ( Chants des supporters de 98. C.F Les Yeux dans les Bleus.)

 

Mercredi 23 Juillet : 6ème Jour

 

Journée type. Filmage des matchs. Interview des joueurs. Encore des victoires faciles. Entre deux buts, j'apprends des mots en chinois avec Michèle, l'interprète. Elle s'appelle en fait Shao Li. Mais elle préfère se donner un nom français. C'est plus facile à retenir, qu'elle me dit. Elle a un style rigolo, Michèle. Un jour, elle porte une robe saumonée vaporeuse et des ballerines légères. Le lendemain, elle porte un t-shirt peau de vache, des baskets rose, une casquette américaine avec « Mickey » dessus. Variation des styles, opé ! Elle m'apprends comment on dit « Orage » en chinois. C'est un très beau mot qui forme une boucle de vent dans votre bouche. Elle m'apprends aussi « J'aimerais 3 Tsing Tao», ce qui peut servir en cas de sècheresse de gorge.

Diner. Riz matin, midi, soir. On ne serait pas contre un jus de fruit, des patates sautées, un rumsteak et une béarnaise. On est des enfants gâtés, hein, mais là, ras le bol du riz (Encore un jeux de mots désopilants ! Attention, lecteur, avec toute cette hilarité, la lecture de ce texte pourrait s'avérer dangereuse. Je décline toute responsabilité en cas de croisements des zygomatiques ).

Après ma douche, il m'arrive un truc chiant. Loïc me dit qu'il vient de recevoir un mail de ma part... alors que je suis en face de lui. Et que c'est pas possible. Intitulé du mail : « Terrible Situation ». Gotferdom ! Qu'est-ce que c'est que ces salades ? Je vérifie ma boîte mail. Impossible d'y aller. Faut dire qu'en Chine, pas de Facebook, de Twitter ou de Google. Tant pis, on doit aller à un repas protocolaire. Je suis bité.

Nous pensions aller à un petit repas entre amis, guindé certes, mais tranquille. Pas la grosse beuverie de l'année, quoi...

Attendez plutôt.

Entrée dans la salle du « Nid d'Oiseau ». Rouge vermeil, teintures dorées, bois d'acajou lustrés et tout le toutim. Je rentre là dedans comme un manant au château du roi. Au centre, une grande table ronde. Déjà installé, les entraîneurs, la dame du conseil général des Vosges, le représentant du sport de Weifang et le directeur de la chambre de commerce. Débute alors un repas d'anthologie. Des mets plus savoureux et plus étranges les uns que les autres défilent. Je vous dirais que ça me fait penser à une scène de cinéma, mais là, tout est vrai. Donc basta les comparaisons !

Avant le premier coup de baguette, une serveuse passe devant nous et remplit un verre (à ras bord) d'une boisson qui ressemble à de l'eau. Après investigations, cette eau est de vie, et plutôt du genre à ramener à la vie un mort-vivant qui aurait fait de la plongée sous-marine en état d'hypnose. Nom du carburant : « Chinese Spirit » ( Si t'es pas anglophone, ça veut dire : « L'esprit chinois »). Autre particularité de la cérémonie, on doit finir le verre en 6 coups. Et uniquement quand quelqu'un porte un toast. Je regarde Quentin. Il hume le liquide et fait une moue de mec qui a déjà le mal de mer rien qu'à voir la houle. Fous rires. Premier lever de coude. Et v'lan dans les dents, 45 degré direct dans l'estomac vide. Mes yeux piquent et ma langue me demande pourquoi tant de sauvageries. Au 6ème toast, je finis le verre cul sec. « Il faut manger pour absorber...», que je répète à Quentin, en fin expert. On se prends du lard. Du poulet. Du riz. Il y a aussi des « Churros ». (Des vrais.) Des soupes étranges. Et des mets incongrus, comme des langues de canards.

Nos verres de « Chinese Spirit » finis, nous pensions que le massacre allait s'arrêter, mais la serveuse nous ressert encore. A côté, Quentin n'en peut plus. Il rigole tout seul. Rien que de penser à sa tête, j'ai la banane. Avec Lolo, on doit battre le record du nombre de verres torchés. Le repas fini, nous étions censés faire des interviews, mais ça tangue trop pour cadrer droit. Retour à l'hôtel. Forcément, sur la route, on croise les ados qui roucoulent avec des coréennes. Ils se foutent de ma gueule, soit disant que je serais légèrement éméché. Teu, teu, teu... L'un d'eux me vole une claquette. Je me bats pour la récupérer. Et pour leur prouver que je suis net, je fais la cigogne ( Une technique alsacienne de dégivrage). Ils sont bluffés, les cocos.

Quentin n'arrête pas de filmer. Emilien lui n'arrête pas de rire et Loïc continue le festival. Les entraîneurs reviennent brutalement à la réalité. Ils prennent les jeunes entre quatre yeux et leur rappellent que la finale, c'est demain. Retour aux chambres.

Hôtel. Enchaînements de blagues salaces. De discussions politiques sur la notion d'accouplement extra-conjugal. Le tout, avec détachement et dégrin-rigolades. La paillasse d'Emilien prends cher. C'est un peu le porte-bonheur du séjour, la paillasse du Mils. Pour ta gouverne, lecteur, la paillasse, c'est ce qui fait office de ventre. Et si la paillasse fut le mot d'ordre du séjour, c'est parce qu'en Chine, les chinois biens portants ont l'habitude de relever leurs t-shirt et d'arborer fièrement leur bedaine à l'air libre. Assez mythique.

On me met à l'épreuve : pas cap d'aller toquer à cette porte. Ni une, ni deux, j'y vais. Derrière, c'est la dame du conseil général qui m'ouvre. Elle me dit qu'elle arrive. Je reviens en bombant le torse. Quand elle arrive, les discussions prennent soudain un tournant plus sérieux. Je ressors mes anecdotes d'intellectuels : En fait, la Chine, en chinois, ça se dit Zhonghuo : « Pays du Milieu ». La France, ça se dit « Faguo ». J'ai donc voulu savoir ce que voulait dire le « Fa » sachant que « Guo » voulait dire « Pays ». Et figurez vous que « Fa » veut dire « Loi ». Pour les chinois, nous sommes donc le « Pays de la Loi ». C'est classe. Même si j'aurais préféré être le « Pays du Schnaps ».

Le reste de la soirée se déplie en déconnes, en virées plus ou moins obscènes et en vidéos qui heurteraient votre morale. Si tu me croises de visu, et que tu m'paies deux trois bières, je pourrais peut-être t'en toucher un mot. J'dis pas.

Posté par amesaoul à 11:17 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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