Un regard sur la route

29 octobre 2014

NJJ, PROCES ET THE HANDSOME FAMILY.

 

Si vous habitez dans les alentours de Nancy et si vous aimez les bons journaux, ceux qui sortent de la terre locale, qui sont faits avec passion, qui sentent la sueur et le combat, qui mettent en avant l'indépendance et les gens qui ne comptent pas, je vous conseille vivement d'acheter « Le Nouveau Jour J. » J'y ai fait mes armes, bien que ma participation dans ce journal fut plus manuelle que textuelle ( sexuelle, un peu, aussi...).

Ce journal me tient encore plus à cœur depuis que je me suis retrouvé devant les flics pour une pauvre histoire d'affichage. Cette histoire banale -rien d'héroïque là-dedans- a tellement enquiquiné les pouvoirs locaux ( la mairie de Nancy, le Grand Nancy) qu'ils se sont mis dans l'idée de nous faire la peau. Oui, foutre une amende de 7000 euros à une association de bénévoles qui se bats pour donner naissance à un journal alternatif, c'est lui couper les pattes. Cela donne aussi la couleur de ces grands démocrates et l'attrait qu'ils peuvent porter pour un organisme alternatif et un tant soit peu grande-gueule.

Bref.

Sachez donc que le Nouveau Jour J, petit journal de Nancy, s'est retrouvé devant le tribunal de Nancy pour une histoire d'affichage sauvage... Assis entre une histoire d'un chien qui a bouffé un mouton et des histoires de dérapages sur un terre-plat ( Autant dire, du très très lourd, Oscar Pistorius, va-te cacher...), nous nous sommes retrouvés devant un juge, un procureur, un greffier et nous avons expliqué notre problème, la démesure d'une peine qui n'aurait pas mérité autant de blablablas, le manque d'emplacement pour de l'affichage libre et une volonté assez féroce de combattre une aussi petite structure que la notre.

Le truc, c'est que ce procès, on l'a gagné.

Et que le dernier né du Nouveau Jour J. est l'un des meilleurs numéros sortis. Vous pouvez aller sur notre site. Les numéros s'achètent dans tous les bons buralistes de Nancy et d'ailleurs ( Pont-A-Mousson et Longwy !)

Voilà.

Couverture du Numéro 11

 

 ***

La troisième chose dont je voulais vous parler ( la première, c'était ma nouvelle de SF, la deuxième, c'était le NJJ), c'est d'un de mes potes. Musicien, il a fait une magnifique reprise du générique de « True Detective »: Far From Any Road – The Handsome Family. Comme elle poutre grave, il fallait que je la partage ! Le gus s'appelle Sieur Hache, il vit en Finlande en ce moment et il a une belle barbe à bière qui ferait peur au Père Noël !

Ecoutez plutôt !

C'est !

(Sur son soundcloud, vous pourrez aussi trouver des reprises d'Elliot Smith, de Joy Division ou encore de chouettes improvisations au banjo...)

 

The Handsome Family

 

D'ici là, portez vous bien ! Je vais continuer l'écriture de mon roman, en attendant que mon frère fasse la mise en page de « Patrick » ! (Allez Jeannot ! )

Tschüss !

 

L'âme Saoule

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27 octobre 2014

PHOTOGRAPHIES PARISIENNES.

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26 septembre 2014

Salut à tous !

Petit message à tous ceux qui ont lu mon journal de Chine : J'ai oublié de vous montrer un élément non négligeable de cette histoire : le produit fini ! Et oui, je ne suis pas parti avec les copains pour cueillir des nénuphars à Pékin, mais pour faire un reportage sportif !

Voici la fameuse vidéo ! C'est ma tournée !

 

Terrain de Jeu - Episode 6 : Objectif Chine

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16 septembre 2014

Salut à tous, auto-stoppeurs, marchands de sable et voleurs de cigarettes !

 

Je vous écris pour vous parler de trois choses ! Trois !

La première -si votre mémoire est bonne- ne vous est pas inconnue, puisque je vous en ai déjà parlé il y a quelques temps ! Il s'agit de la parution d'un fanzine dans lequel se trouve une de mes nouvelles ! Yeepeee ! Hourra ! Victoire !

Ce fanzine est le deuxième d'une petite maison d'édition du nom d' « Altata Comics », et qui se situe en Lorraine. Le premier tome, « Pâté Lorrain » était un recueil de plusieurs bande-dessinée autour des contes et légendes de Lorraine. Le deuxième, « Futur(s) » sera lui aussi un recueil de bande-dessinée, dont le sujet sera, -attention suspens...- : « LE FUTUR ! ».

Par chance, j'ai le droit à une petite place en fin de fanzine pour une grande nouvelle de 20 pages qui s'appelle « MICROCOSME » ! Et putain, je suis trop content qu'elle sorte, celle-ci ! J'y ai mis tous ce que j'avais, mes tripes, mon cœur et mes neurones. J'espère que vous prendrez le temps de la lire. En tout cas, le fanzine est en cours de financement sur la plate-forme Ulule (Déjà financer à cette heure...). Vous pouvez néanmoins donner quelques deniers, de 5 euros à 10 000 euros, comme vous le souhaitez, et vous aurez une belle édition et toute ma reconnaissance !

« Microcosme » est une nouvelle de science-fiction qui parle d'un mec, Djan, qui vient de quitter le Facebook locale, et qui comprends après l'intervention d'une amie, que sa sœur est restée emprisonnée dans un autre réseau, plus gros celui-ci, plus performant et plus touffu : le « Microcosme ». À contre cœur, il se voit obligé de plonger dans le trou du lapin blanc pour la retrouver... Ça se passe en 2035, David Bowie fait une apparition, des Fleurs-Bonbons tombent du ciel et une Néphile Doré squatte la fin !

J'espère que cela vous a donné envie !

C'est par là : LÀ !

Voici la couverture du fanzine :

C1

 

P.S. La prochaine fois, je vous parlerais d'un journal alternatif, que vous connaissez sûrement si vous me lisez depuis plus d'un an, et qui promet !

11 septembre 2014

JOURNAL CHINOIS

 6/6

 

Samedi 26 Juillet : 9ème Jour

 

Il est 23H50.

L'avion va bientôt démarrer.

Beijing – Dubaï.

Sur mon siège, je ferme les yeux. Et je me remémore la journée en marche arrière, comme si, depuis ma position, je pouvais rembobiner le fil de mes pas. En 700 images par secondes.

D'abord, l'aéroport. On discute avec un flamand. Il fait de l'animation et ressemble à un junky. Des Sud Africains ont raté leur avions. Douane. Le bus. En marche arrière. Au KFC. Il fait nuit, on mange et c'est bon. Laura garde les bières consignées. Ça me marque. Quentin pose avec des passantes sexy et je les prends en photo. Puis on s'arrête. On lève les yeux. Et on mate les immeubles « Adidas » aux contours futuristes. « Uniqlo ». « H&M ». « Prada ». On se croirait dans un décor de science-fiction. Mélanges des souvenirs. Les autres font des emplettes dans un grand centre commerciale, et avec Quentin, on filme la ville. On s'est mit sur un pont, au-dessus d'une artère et on a réussi à chopper le coucher de soleil, orange et rouge, entre deux branches d'arbres. La circulation est très dense en dessous. Deux vieux clochards mendient et dorment sur le pont. Et aussi, aux premières marches, un type sans bras sur un fauteuil roulant, dort, avec une espèce de pâte jaunâtre sur le crâne qui ressemble à de la moutarde.

Encore en arrière, il y a le centre commercial. Puis le trajet en bus. L'eau fraîche que Loïc a acheté, un miracle. Les cartes postales écrites en deux-deux. Et le soulagement après le plus gros flip de l'histoire. Une demi heure d'attente à la sortie de la Citée Interdite. Seul. Sans portable. Sans aucun moyen de communication. Entouré de milliers et de milliers de touristes. Avec personne de l'équipe à l'horizon. Moi, mon trépied et ma caméra. L'impression d'être un pauvre gamin perdu. L'attente interminable. L'air con.

Encore avant, flashback. La cité Interdite.

Imposante. Massive. Titanesque et sublime. Visite trop rapide pour en saisir la magie.

Je rembobine encore, les gens marchent en arrière et parlent étrangement. Certains passages sautent. D'autres coulent.

La place Tiananmen. Vaste. Remplie de caméras. La tête de Mao, au loin, nous regarde en coin, avec ses grosses bajoues de bouffeur de riz, de révolutionnaire communiste et de tyrans meurtriers.

Encore le bus.

La cassette qui tourne en arrière fait un bruit de machine à laver du temps.

On rentre dans le bus, à fond. Et puis, la Muraille de Chine. Je sens des gouttes de sueur dégouliner le long de mes mollets. La montée est à pic. Interview sur une tourelle. Pauses et poses. Mais on doit redescendre. Touristes. La muraille est impressionnante. Envie de grimper pendant des heures.

Et encore avant, dans le bus du matin, je lis un passage du routard sur le printemps 1989. Et la révolte étudiante. Laura m'explique que la place Tiananmen (« Place de la porte de la Paix Céleste ») est très surveillée maintenant, parce qu'elle représente un haut lieu de contestation. Aujourd'hui, comme les gens ont leurs téléphones portables, pas de révolution. Des voitures doublent le bus alors que les voies sont bloquées. Ils sont fous ces chinois.

Et soudain, le réveil dans l'hôtel, à Beijing.

Les petits yeux fatigués.

Les étoiles du réveil.

Les yeux qui papillonnent...

En même temps, je suis là. Dans l'avion. Sur mon siège. Je peux revenir sur la place Tiananmen, dans ma tête. Observer, en souvenir, les gens qui marchent au ralenti. Mettre un nez rouge sur celui de Mao. Me balader sur l'échine des grandes maisons qui composent la Citée et sauter au-dessus des places pour voler. Doucement.

J'aimerais dormir, mais mon corps ne veut pas. Nuit blanche dans l'avion.

 

Dimanche 27 Juillet : 10ème Jour

 

Arrivé à Dubaï. Douche bienfaisante. Chocolat chaud. Chiotte. La base.

Lolo, Mils et Quentin se reconnectent sur Facebook. Parenthèse étrange où je les regarde tout les trois sur leurs téléphones, retrouvant les informations de leur entourage. Facebook, c'est un peu le journal locale. Avec du débile, du banale, du narcissique et parfois du chaleureux, du partage et de l'information.

Départ.

Impossible de dormir. Mes nerfs sont tellement noués qu'ils me font mal. Je regarde « Dallas Buyers Club ». C'est émouvant. Réalisé un peu comme un épisode de série télé. Mais avec de putains d'acteurs. Arrivée à Charles de Gaulle. Adieux avec les copains. Clap de fin.

Marche pour le métro. Quelle est la différence entre l'aéroport de Pékin et de Paris ? À un alphabet près, rien.

 

Conclusion :

 

Après toutes ces aventures, je me dois de faire un petit topo. J'ai écrit le mot « Conclusion » là-au-dessus, comme un bon élève, mais il s'agit plutôt d'un dernier paragraphe pour la route, comme un dernier verre.

Si je devais retenir quelque chose de ce voyage, c'est forcément les instants partagés. Dis comme ça, ça fait bateau. Mais c'est vrai. Les découvertes communes, les rigolades entre potes, le tournage et les moments de pause, la découverte d'un pays, la Chine et ses habitants, accueillants, roublards, humbles et simples, que ça soit Michèle ou le petit joueur de ping-pong, c'est ça que je garde. Vous pouvez me comparez avec le scribe dans « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », il n'a finalement pas si tort, le Otis.

En tout cas, je me serais pris la Chine en pleine gueule. Elle m'aura brisé les clichés en un plaquage et m'aura ouvert sur un monde d'une autre échelle. Alors que j'imaginais ce pays avec son petit paysan, cultivant sa rizière, pépère, avec un air de musique zen en fond, j'ai pu voir avec les copains, un méga-monde. Une civilisation en pleine expansion. Qui pousse et gonfle comme un champignon monstrueux. Rien que l'urbanisme est à crever les yeux. De la science-fiction à l'état pure, voilà ce que c'est. De la pollution et des millions d'humains.

Je regrette peut-être la rapidité du voyage, qui nous aura permis de découvrir qu'un petit bout de l'Iceberg, mais ça n'était pas un voyage touristique. Ce voyage m'a été offert et ce fut une putain de chance. Merci donc à tout le monde, Loïc, Quentin, Emilien, le SAS Epinal, le Conseil Général des Vosges, Michèle et Laura, les entraîneurs et les joueurs.

Pour terminer, j'aimerais juste garder quelques images-desserts, celles qui font plaisir à la fin, pour partir tranquillement sur d'autres routes.

En prononçant le mot Chine, je me rappellerais de son odeur. Animale, moite, rance, fauve, oscillant entre le relent de chiotte, le vinaigre et le riz chaud.

Je me souviendrais aussi de ces gourdes transparentes que les chinois transportaient avec eux comme de petits aquariums, dans lesquels on pouvait voir quelques feuilles de thés flotter dans l'eau, accompagnés d'autres poissons bizarres, comme une rondelle de citron ou des formes blanches louches.

Je me rappellerais surtout de cette marche nocturne dans Pékin, la nuit. Les portes entrouvertes sur ces cours minuscules, ces venelles étroites, ces lampions rouges devant chaque magasin, l'air tiède, la poussière jaune, les regards dans la nuit, les joueurs de cartes qui lèvent la main pour miser et les feuilles d'arbres qui crissent...

Xiè xiè !

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10 septembre 2014

JOURNAL CHINOIS

 5/6

 

Jeudi 24 Juillet : 7ème Jour

 

Forcément, ça n'aurait pas été drôle si le lendemain, on n'avait pas dû se réveiller à 6 heure du mat' pour filmer LE TRUC le plus important du séjour... Naaaaaaan. Grosse gueule de bois, donc. Le « Chinese Spirit » remonte du fond de l'estomac et nous dit « Bonjour », avec ces 45 degrés de patriotisme. Dur dur, le réveil.

Petit dèj. La finale du tournoi se déroule à 7H30. Epinal joue contre des coréens. On se dit que ça va être pépère. Ils vont leur mettre 6-0 dans le calbut et on en reparlera plus. Sauf que les coréens ont la gniack(oué). Premier but pour les coréens sur une erreur du gardien spinalien. Déconfiture. Aucune réaction des coachs. Mais égalisation rapide. Puis devancée d'un but. Au trois quart du match, 2-1 pour Epinal. Encore une fois, je pensais que c'était plié. Quetchi ! Les coréens égalisent à la toute fin de match. Ouch ! Pas de prolongation, on va directement au pénalty. Après un arrêt magique du gardien et des tirs réussis de la part des spinaliens, la victoire est assurée. Parthouze de joie. Yeepeekayai. On va pouvoir retourner nous coucher. Mais quand même avec des frissons de joie partout dans le dos.

L'après-midi, cérémonie de clôture sous la pluie. Dragouille des ados avec les coréennes. Ils reçoivent la Coupe. Joie et danse. Retour au centre sportif. Soirée boum pour clore le tout. Avec autant de budget que le « Plus Grand Cabaret du Monde ». La salle est immense, une équipe de tournage (5 caméras, plus une grue) enregistre la soirée. On a l'air de gitans, à côté. Présentateurs bien sapés. Danses de joueurs provenant du Xinjiang. Musique arabisante. C'est par là-bas que vivent la communauté des ouïghours. Les vosgiens, eux, font la chorégraphie de Moussié Tombola. Je ne vais pas critiquer ce choix musicale, je suis un spectateur lambda, ce soir.

Découverte des trois entraîneurs : Djamel, Micka et Alex. Ces mec m'impressionnent. D'un côté, Djamel est un vrai capitaine de navire. Une main de fer dans un gant de velours. Il a une incroyable lucidité et une excellente lecture du jeu. Que cela soit footballistique ou existentielle. Mika est plus en retrait. Plus dans la confidence et dans le soutien. Lui n'a pas besoin de parler pour s'imposer. C'est une force de la nature. Alex c'est la patte culturel et sociale. Il a joué avec Djamel dans l'ancien temps, ça créé des liens. Il est réfléchi et entraînant (Pratique pour un entraîneur...).

 

Vendredi 25 Juillet : 8ème Jour

 

Préparation des valises. Départ en bus pour le centre ville de Weifang. On se croirait dans Blade Runner. Grands immeubles. Carrefours. Artères. Veines. Pulsations hautes fréquences. Panneau publicitaires immenses. On rentre dans un centre commerciale propre et impeccable. Mais cher. On demande à trouver de la contre-façon. Michèle nous emmène dans un autre marché. Plus bordélique celui-là. Avec de petits couloirs, composé de centaines de petits cubes, avec un chinois ou une chinoise à l'intérieur, qui glande ou regarde des séries sur son portable, et qui nous regarde d'un air curieux quand on passe devant eux.

Midi, retour au centre. On mange des assiettes repas d'Alsace. (Merci Papa !) Dernière clope dans l'hôtel avec Emilien. Bus. Direction la gare. Nous rentrons dans un TGV. Autre ambiance. Dans le train, on refait une belote avec Djamel et Alex. C'est là que va se jouer une répétition de l'Histoire, comme en fait tout les jours. C'est là que l'arc narratif de la belote reviens ! Accroche toi à ton slip, mon cher lecteur !

En effet, cette première partie dans le train ressemble étrangement à la terrible défaite que nous avions essuyé lors de notre première rencontre à l'hôtel. La situation est là : avec Loïc, nous avons remontés admirablement et nous ne sommes plus qu'à quelques points de remporter la manche. Je me retrouve dans la même position d'il y a quelques jours. Soit je prends, je refais la même erreur et je me fracture le crâne de honte... Soit je prends, et je réussis ce paris. Débile et têtu comme un âne, je tente le tout pour le tout et je prends. Les plis s'accumulent. Décompte des points. Suspens. Verdict : on l'a fait. Joie !

Apprendre à ne pas réitérer ses erreurs, c'est tout un art, mais un art nécessaire si on veut évoluer. Proverbe chinois.

Beijing. Une petite dame toque de toutes ses forces à la fenêtre de notre compartiment. C'est notre guide de la capitale, Laura. Sortie de la gare. Nuit. Bus. Les rues de Beijing sont bondées, animées. Immenses artères comme on en a jamais vu. Direction, le restaurant. Arrivée devant un grand bâtiment. Moquette rouge. Grande salle. Des cuisiniers arrivent et découpent des canards laqués devant nous, à vitesse grand V. Avec les morceaux, de la sauce, de l'oignon ou du concombre, on fait de petits sarcophages. Qui s'avèrent excellent. Retour en bus, la panse bien remplie. Hôtel. Les ados sont envoyés dans leurs chambres. Nous profitons alors d'un moment de répits pour filer en douce prendre la température et se laisser aller dans les rues. Marche nocturne avec les quatre fantastiques. Sûrement l'un de mes moments préférés.

Petite ruelle déserte. Air calme. Échoppes. Lumineuse et blanche dans la nuit caramel. Devant certaines, des types mangent. Des brochettes accompagnée de bières. Ou des plats étranges et fumants. Les fenêtres des petites maisonnettes sont magnifiques. Devant les portes, les lions ont toujours des gueules de cons. Les briques se mêlent aux câbles. De petites motos une place attendent. Emplettes. On marchande à 11h du soir. Puis, on continue notre marche. Quentin a le nez en l'air, l'oeil curieux. Lolo, fatigué, marche lentement, avec ses claquettes, le dos qui ondule. Emilien, avec ses lunettes de soleil, prends des photos. Moi, je suis content que mon appareil photo n'ait plus d'écran. Je prends des photos au pif, sans savoir ce que ça donnera. Arrivée devant un lac. Petite loupiote au fond, dans la glu noir de la nuit. Terrasse. Bar  « Le Lotus Bleu ». Ecran de télévision où le Tour de France est diffusé. Etrange de voir ça ici. On nous propose de rejoindre des lady. Non merci. Retour.

Sur le bord de la rue, allongés sur des matelas, toute une famille dort. Ça ronfle et ça rêve. Plus loin, à la lumière d'une échoppe, une partie de carte se joue. De l'argent est posé sur la table. Des épluchures de cacahuètes jonchent le sol. Les mecs lèvent un doigt. On repart. Douche. Dodo. Grosse journée demain.

C'est beau une ville la nuit.

 

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09 septembre 2014

Journal de Chine

JOURNAL CHINOIS

 4/6

 

Mardi 22 Juillet : 5ème Jour

 

Matin, grasse matinée. Dehors, 82% d'humidité. Une torpeur moite qui t'étouffe et te bouche les narines d'un coton invisible. Odeur dégueulasse dans l'air. « C'est moi ou ça sent les égoûts ? »

On filme l'entraînement du matin, au milieu d'une brume jaunâtre. Le soleil se cache derrière ce voile opaque. Des centaines de grosses libellules vrombissent tout autour de nous. On dirait qu'elles s'entraînent, elles aussi. Avec Quentin, on doit se placer sans se gêner pour filmer. L'art du cameraman réside dans la création d'un cadre photographique propice à la capture du mouvement. Pour que l'image soit belle et que l'action soit prise dans son ensemble. Parfois ça marche, parfois ça coince. T'as vu comme j'ai bien appris mes cours de cinoche ? Hein ? Si ça t'ennuie ce que je dis, tu peux aussi te peinturlurer les testicules avec de la térébenthine ! C'est pas moi qui le dit, c'est San-A. Oui lecteur, pendant le séjour, j'ai lu un livre de San-Antonio. Et comme d'hab', ça transpire sur mes relents stylistiques, j'y peux rien.

Après-midi, pause. Visite du centre d'entraînement de ping-pong. On assiste à une compétition. Rentrée en ligne des arbitres et des joueurs sur une musique patriotique. Old-school, les gars. Par contre, ça envoie de la chique pendant les matchs, à vous donner le tournicolis !

Derrière la compèt, on fait quelques balles. Loïc joue contre une chinoise. Il joue bien le Lolo. C'est alors qu'un bambin s'approche de nous. Avec les mêmes joues-joues que Mao-En-Tong. Michèle, l'interprète, me propose de jouer contre lui. Je suis tout heureux. Enfin un adversaire à ma taille ! Raquette en main, on fait quelques échanges. Et là, v'lan, le petit bout'd'choux me destroy la gueule, façon David contre Goliath. Trop rapide le p'tiot. Il me dégomme des bastos de derrière le filet, j'suis aux fraises. Le seul moyen que j'ai pour le mettre dedans, c'est de faire des balles hautes, mais faut préciser qu'il a 8 ans le champion et qu'il doit mesurer 40cm au garot. Lolo prends la relève. A l'aise. On prends des photos avec le ping master. Je fais pâle figure. Le père du gamin, à côté, a un sourire grand comme la muraille de Chine.

Fin d'après-midi, deux victoires faciles de nos footballers. Je les engueule en leur expliquant que j'ai parié pour un 8-0 et qu'un petit effort ne serait pas de refus. Ils rigolent. De toute façon, ils sont en finale... Ils sont en finale... Ils sont, ils sont, ils sont en finale... ( Chants des supporters de 98. C.F Les Yeux dans les Bleus.)

 

Mercredi 23 Juillet : 6ème Jour

 

Journée type. Filmage des matchs. Interview des joueurs. Encore des victoires faciles. Entre deux buts, j'apprends des mots en chinois avec Michèle, l'interprète. Elle s'appelle en fait Shao Li. Mais elle préfère se donner un nom français. C'est plus facile à retenir, qu'elle me dit. Elle a un style rigolo, Michèle. Un jour, elle porte une robe saumonée vaporeuse et des ballerines légères. Le lendemain, elle porte un t-shirt peau de vache, des baskets rose, une casquette américaine avec « Mickey » dessus. Variation des styles, opé ! Elle m'apprends comment on dit « Orage » en chinois. C'est un très beau mot qui forme une boucle de vent dans votre bouche. Elle m'apprends aussi « J'aimerais 3 Tsing Tao», ce qui peut servir en cas de sècheresse de gorge.

Diner. Riz matin, midi, soir. On ne serait pas contre un jus de fruit, des patates sautées, un rumsteak et une béarnaise. On est des enfants gâtés, hein, mais là, ras le bol du riz (Encore un jeux de mots désopilants ! Attention, lecteur, avec toute cette hilarité, la lecture de ce texte pourrait s'avérer dangereuse. Je décline toute responsabilité en cas de croisements des zygomatiques ).

Après ma douche, il m'arrive un truc chiant. Loïc me dit qu'il vient de recevoir un mail de ma part... alors que je suis en face de lui. Et que c'est pas possible. Intitulé du mail : « Terrible Situation ». Gotferdom ! Qu'est-ce que c'est que ces salades ? Je vérifie ma boîte mail. Impossible d'y aller. Faut dire qu'en Chine, pas de Facebook, de Twitter ou de Google. Tant pis, on doit aller à un repas protocolaire. Je suis bité.

Nous pensions aller à un petit repas entre amis, guindé certes, mais tranquille. Pas la grosse beuverie de l'année, quoi...

Attendez plutôt.

Entrée dans la salle du « Nid d'Oiseau ». Rouge vermeil, teintures dorées, bois d'acajou lustrés et tout le toutim. Je rentre là dedans comme un manant au château du roi. Au centre, une grande table ronde. Déjà installé, les entraîneurs, la dame du conseil général des Vosges, le représentant du sport de Weifang et le directeur de la chambre de commerce. Débute alors un repas d'anthologie. Des mets plus savoureux et plus étranges les uns que les autres défilent. Je vous dirais que ça me fait penser à une scène de cinéma, mais là, tout est vrai. Donc basta les comparaisons !

Avant le premier coup de baguette, une serveuse passe devant nous et remplit un verre (à ras bord) d'une boisson qui ressemble à de l'eau. Après investigations, cette eau est de vie, et plutôt du genre à ramener à la vie un mort-vivant qui aurait fait de la plongée sous-marine en état d'hypnose. Nom du carburant : « Chinese Spirit » ( Si t'es pas anglophone, ça veut dire : « L'esprit chinois »). Autre particularité de la cérémonie, on doit finir le verre en 6 coups. Et uniquement quand quelqu'un porte un toast. Je regarde Quentin. Il hume le liquide et fait une moue de mec qui a déjà le mal de mer rien qu'à voir la houle. Fous rires. Premier lever de coude. Et v'lan dans les dents, 45 degré direct dans l'estomac vide. Mes yeux piquent et ma langue me demande pourquoi tant de sauvageries. Au 6ème toast, je finis le verre cul sec. « Il faut manger pour absorber...», que je répète à Quentin, en fin expert. On se prends du lard. Du poulet. Du riz. Il y a aussi des « Churros ». (Des vrais.) Des soupes étranges. Et des mets incongrus, comme des langues de canards.

Nos verres de « Chinese Spirit » finis, nous pensions que le massacre allait s'arrêter, mais la serveuse nous ressert encore. A côté, Quentin n'en peut plus. Il rigole tout seul. Rien que de penser à sa tête, j'ai la banane. Avec Lolo, on doit battre le record du nombre de verres torchés. Le repas fini, nous étions censés faire des interviews, mais ça tangue trop pour cadrer droit. Retour à l'hôtel. Forcément, sur la route, on croise les ados qui roucoulent avec des coréennes. Ils se foutent de ma gueule, soit disant que je serais légèrement éméché. Teu, teu, teu... L'un d'eux me vole une claquette. Je me bats pour la récupérer. Et pour leur prouver que je suis net, je fais la cigogne ( Une technique alsacienne de dégivrage). Ils sont bluffés, les cocos.

Quentin n'arrête pas de filmer. Emilien lui n'arrête pas de rire et Loïc continue le festival. Les entraîneurs reviennent brutalement à la réalité. Ils prennent les jeunes entre quatre yeux et leur rappellent que la finale, c'est demain. Retour aux chambres.

Hôtel. Enchaînements de blagues salaces. De discussions politiques sur la notion d'accouplement extra-conjugal. Le tout, avec détachement et dégrin-rigolades. La paillasse d'Emilien prends cher. C'est un peu le porte-bonheur du séjour, la paillasse du Mils. Pour ta gouverne, lecteur, la paillasse, c'est ce qui fait office de ventre. Et si la paillasse fut le mot d'ordre du séjour, c'est parce qu'en Chine, les chinois biens portants ont l'habitude de relever leurs t-shirt et d'arborer fièrement leur bedaine à l'air libre. Assez mythique.

On me met à l'épreuve : pas cap d'aller toquer à cette porte. Ni une, ni deux, j'y vais. Derrière, c'est la dame du conseil général qui m'ouvre. Elle me dit qu'elle arrive. Je reviens en bombant le torse. Quand elle arrive, les discussions prennent soudain un tournant plus sérieux. Je ressors mes anecdotes d'intellectuels : En fait, la Chine, en chinois, ça se dit Zhonghuo : « Pays du Milieu ». La France, ça se dit « Faguo ». J'ai donc voulu savoir ce que voulait dire le « Fa » sachant que « Guo » voulait dire « Pays ». Et figurez vous que « Fa » veut dire « Loi ». Pour les chinois, nous sommes donc le « Pays de la Loi ». C'est classe. Même si j'aurais préféré être le « Pays du Schnaps ».

Le reste de la soirée se déplie en déconnes, en virées plus ou moins obscènes et en vidéos qui heurteraient votre morale. Si tu me croises de visu, et que tu m'paies deux trois bières, je pourrais peut-être t'en toucher un mot. J'dis pas.

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08 septembre 2014

Journal de Chine

JOURNAL CHINOIS

 3/6

 

Dimanche 20 Juillet : 3ème Jour

 

À minuit, je me réveille. J'ai l'impression que le train est arrivé en gare, mais que tout le monde est encore endormi. Je me lève. Vite, vite ! Je regarde l'heure. Les idéogrammes. La nuit. L'absence de personnes. Le quai vide. On est arrivé oui ou merde ? Non. Fausse alerte. J'me rendors, le cœur à 3000 à l'heure. La tension est encore bien présente...

Le matin ouvre ses petits yeux.

À peine réveillé, Quentin filme le levé du soleil. Qui forme un rond parfait, au loin. D'un rouge thé. Juste au-dessus du smog matinale. Les autres se lèvent petit à petit. Pour patienter, on regarde le paysage défiler comme si on regardait un documentaire. Région moche. Industrielle. Pleines de cheminées. De centrales atomiques. De gravats. Des champs de serres déboulent à perte de vue, comme jamais t'as pu en voir de ta vie. Quand tu crois que c'est fini, il y en a encore. Des serres. Des serres. Et 10 minutes plus tard, encore des serres. Puis, au loin, des villes. Des gratte-ciels. Des banlieues dortoirs. Des clapiers.

Gare de Weifang. Chaleur torride à 7 heures du mat'. Premier truc que je vois, c'est la grosse gueule du clown McDonald qui me sourie. C'est impressionnant de le voir là alors que je pensais qu'une culture différente m'ouvrirait les bras...

Une nouvelle guide nous accueille. Elle s'appelle Michèle. Dans le bus, malgré une fatigue sèche, nous observons tout de la petite ville de 8 millions d'habitants. Les devantures. Les idéogrammes qui pullulent. La circulation débordante. Les autoroutes, larges comme des fleuves. Les mecs à contre-sens sur leur moto Mad-Max. Les nana esseulées au milieu de tout ce bordel.

Je remarque un type, sur son vélo, avec un chapeau à long bord. Sa chemise blanche est ouverte aux vents et il porte une petite écharpe rose autour du cou. Il tire une charrette remplie d'un fut, d'une chaise rouillée, d'un roulement à billes et d'autres trucs. Il m'observe. Et s'en va dans une autre direction. Salut à toi, camarade. Je ne te connais pas, mais t'as la classe.

Arrivée au centre sportif. Des hangars et des bâtiments de cinq étages. Des allées ombragées. Et un bruit étrange dans les arbres, comme une vague sur des galets. Attente. Passeport. Et désignation des chambres.

Nous, les quatre fantastiques, sommes invités dans un hôtel grand luxe. Marbre, serviette et service de bain. Un peu gêné d'être autant privilégié. Petit déjeuner dans une salle très chic. Riz. Œuf sur le plat. Toast et confiture. Lait chaud dans un emballage qui fait penser à un foie. On nous regarde de partout. Rappelle toi, lecteur, que nous avons le statut d'alien ici. Tout le monde voudrait prendre en photos des ados aliens. Même toi. Et c'est normal. Sur le chemin, je demande à Michèle, l'origine des bruits stridents dans les arbres. Qui apparaissent et disparaissent, comme une marée. Elle me dit : «Oiseau». Ah. Chelou quand même les oiseaux.

Douche. Premier chiotte. Ultime nirvana du sphincter. Je dépose trois colis Chronopost grand format, couleur noir charbon, parfum... -Là, je censure, je voudrais pas que tu dégueules...- Et tout cas, ça soulage ! Avec Loïc, on baptise nos étrons d'un sobriquet: « Les Churros », à cause de leur consistance cimentée et de leur forme en colonnade. Ces détails scatologiques sont nécessaires à la bonne compréhension du voyage. La digestion du riz fait aussi partit des éléments exotiques.

Après-midi, premier entraînement des gamins. Chaleur de folie. Le soir, dîner avec les officiels. Djamel est appelé à la table des grands. Les chinois sont pointilleux avec la hiérarchie. Achtung bicyclette ! Pendant le repas, on incite notre interprète, Michèle, à picoler. C'est quand même une prof de français, putain. Tu t'es déjà imaginé entrain d'essayer de saouler ta prof de français ? Et bin essaie !

En tout et pour tout, 14 bouteilles de Tsing Tao descendues. L'estomac fait Glouarp et la panse s'étale sous le t-shirt. Au retour, Michèle nous apprends des trucs sur la France que nous ne connaissions pas. Sous certains aspects, elle connait mieux notre culture que nous. Alors que pour moi, la Chine, c'était Mao Tsé Tong, Zhang Ziyi, Jacky Chan et le barrage des Trois Gorges Profondes, that's all !

 

Lundi 21 Juillet : 4ème Jour

 

Tôt le matin, on sort de l'hôtel. Une chaleur moite nous plaque aussitôt. Uppercut. Bim, dans la face. Dehors, le long de la grande allée, on entends un nouveau bruit. Un bruit d'oiseau inconnu. Emilien, l'ingénieur son, sent son instinct de chasseur se réveiller. Ni une, ni deux, il sort son arme, court, saute, s'arrête. Sniffe l'air. Ajuste sa mixette. Et... Plus rien. L'oiseau s'est tut. Il doit rigoler sous les feuillages, l'enflure. Emilien revient en grommelant. Ne pas réussir à saisir un son ou une image suscite toujours une frustration pénible dans notre corps de métier.

Petit-dèj'. Conférence de presse dans une salle immense. On ne pige rien. À la fin, il y a un vote. Un mec lève soudain le bras et se met à brailler. C'est bon, c'est la révolution ! Debout, les damnés de la terre ! En avant contre le capitalo-communisme ! Sortez les poubelles de bureaucrates de mes...

Attends, non. En fait, il a juste dit qu'il voulait se mettre d'accord avec l'équipe adverse sur certains points. C'est ce qu'on en conclue en voyant qu'ils ne se crèpent pas le chignon. Le problème parfois, avec les chinois, c'est qu'ils parlent tellement fort qu'ils donnent l'impression qu'ils s'engueulent alors qu'ils vous demandent juste la couleur de votre slip.

Petite pause dans mon journal : je m'excuse si la chronologie de ce voyage n'est pas entièrement respecté. Avec l'alcool et le stress, les souvenirs se diluent vite. Mais sachez, mes chers lecteurs, que si mes souvenirs sont emberlificotés sur d'autres fuseaux horaires, ils sont d'une nature véritable et sincère, label A.O.C., 100% viande de shlag, croix d'bois, croix d'fer, si je meurs, je descends en enfer lire du Marguerite Duras !

Dans la chambre, on allume la télé. On voit le premier mec à la peau noir. On l'appelle, le chinoir. Drôle. Avant la cérémonie d'ouverture, on fait une petite expédition : on traverse la rue. Ça peut sembler ridicule comme ça, mais la rue ressemble à une autoroute, alors ça demande un peu de dextérité. Tout le monde klaxonne pour dire qu'il est là. Hey, salut, je suis là. Et moi aussi ! Hoho. Toi, aussi ? Hé !

En traversant la route, on passe d'un centre sportif classe et luxueux à de petites maisons alignées et une ruelle en terre battue. Tout un symbole. Petite échoppe sombre. Alcool. Tabac. Epicerie. Loïc trouve des larves séchés. Banco. Dehors, on fait l'apéro. Les larves de grillons sont pas très gouttues. Au début, c'est salé, puis après, un vieil arrière goût de chiotte. Quentin ne goûte pas et filme. Il ne s'arrête jamais, lui. S'il pouvait, il se grefferait des caméras à la place des yeux.

Soir. Départ en bus pour le match d'ouverture. 1 heure de trajet. On croise un berger, qui fait paître ses chèvres sur le bord de l'autoroute, entre les arbres et les déchets. Entrée dans le centre ville de Weifang.

Dans le bus, je regarde le chauffeur et je médite sur la nature humaine. Je me dis, que même à 6000 bornes de chez moi, l'humain reste le même, y a pas à chier. Sa culture est différente, tout comme son histoire, sa langue, ses coutumes et sa manière de penser. Mais l'humain est là. Pareil. Il chie, pisse, boit, mange, fait l'amour, pleure, transpire, sourit et vit, comme un danois ou un botswanais. C'est sûrement des pensés à l'emporte-pièce, des trucs rabâchés mille et une fois, mais putain, ça me ressort des synapses avec plus de force que d'habitude. Alors j'vous le dis. Voilà.

Stade olympique. Immense, le truc. Mastoc. Avec des arches qui font la largeur d'un bus et qui doivent atteindre les quatre cent mètres de long. Attends, ils vont jouer là-dedans ? Mais c'est un peu comme si l'ASPTT de Bouvreuil-Les-Menils-Sur-Saône jouaient dans le stade du Parc des Princes !

Ouai ?

Ouai.

Match contre Weifang. Les entraîneurs sont au taquet. Les joueurs attendent dans le corridor, façon coupe du monde. Début du match. Djamel beugle sur le banc de touche. L'équipe en face est forte. On a interviewé un des joueurs ce matin. Mi-temps. Arbitrage un peu foireux. Tacles dangereux non signalés. Alex est obligé de venir soigner un joueur. Coup franc raté. Derrière les cages, je fais le pied de grue. Maintenant que j'y suis, j'aimerais bien qu'il gagne, ces spinaliens. Tir des chinois. Raté, lui aussi. Carton rouge pour un gamin d'Epinal. Ça chauffe sévère sur le banc de touche. Tension redoublée. Nouveau coup franc pour Epinal. Et soudain.

BUT.

Les joueurs filent vers leurs entraîneurs et lui sautent dessus. Explosions de joies.

Le match fini, on repart pour le centre. Dans la nuit, le chauffeur prends des raccourcis. Ça bringebalote sévère sur la terre battue. Au bord de la route, je vois quatre bonhommes qui jouent aux cartes. Sous la lumière blanche d'une ampoule. Un verre d'alcool près d'eux. La vie.

A l'hôtel, on sort les bières et on fait une partie de belote (tiens donc !). Lolo et moi, contre Djam et Alex. Des fifrelins des cartes les deux là, j'vous raconte pas la déconfiture. Je pensais connaître les pires humiliations de la terre... Et bien nan. Alors qu'on était sur le point de gagner notre première partie, les deux roublards nous font une remontée fantastique. Je loupe le coche. On sent le feu nous mordre les fesses. Dernière partie. Nous sommes à 1000 points avec Lolo. Autrement dit, un seul point nous sépare de la victoire. Faut assurer. Je décide de prendre, mais un peu avec un peu ma grand-mère, comme on dit lorsqu'on est aveugle et qu'on veut traverser l'autoroute sans assistance. Et v'lan, patatra, ils nous mettent dehors et gagnent. Lolo s'enflamme : « Mais putain Tonio, tu n'aurais jamais du prendre !!! » Djam est tout sourire. Il me félicite, l'enflure. J'arrive plus à parler. La défaite me reste en travers de la gorge. Je vais me pieuter. C'est pas possible d'être aussi con.

Clope avec Emilien. Chouette moment. J'apprends à le connaître. Je devine une timidité derrière tout ça, mais je ne vais pas titiller plus loin. On reparle de ma défaite cuisante. J'ai l'impression d'avoir mis un but contre mon camp à la 92ème minutes. Avant de me coucher, je me fais la promesse de ne plus réitérer cette erreur. (Souviens-toi en lecteur, c'est un arc narratif important du séjour. )

P.S. Pour lire la première partie du journal, c'est et la deuxième, c'est LÀ.

 

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07 septembre 2014

Journal de Chine

JOURNAL CHINOIS

 2/6

 

Vendredi 18 Juillet : Départ d'Epinal

 

Cette nuit, j'ai rêvé que je me noyais au fond d'un lac noir.

Après avoir raconté mon rêve à la table du petit dèj', Lolo et Quentin me regardent avec des yeux de marmottes mal réveillées. « Ah ouai... »

Il est 5h du mat.

Voiture jusqu'à Epinal. Là-bas, les gamins disent « Au Revoir » à leurs parents. Départ. Dans le bus, mise au point des coachs. Route. Petite sieste. Pour inaugurer les festivités, je largue une perlouze, puissance 8 sur l'échelle de Richter, parfum forestier, avec soupçon vénéneux. Dégâts collatéraux, derrière. Quatre morts (de rire). Tout ça à cause de la bière slovène de la veille, tiens !

Premiers contacts avec les ados. Certains sont timides et fuient la caméra. D'autres lèvent le nez et font les beaux. Avec Emilien, on essaie d'apprendre des mots chinois. Comme : « Tsesuo Zai nali ? » qui veut dire « Où sont les toilettes ? ». Arrivé à l'aéroport Charles de Gaulle. On reçoit nos passeports. Enregistrement des bagages. Passages de douane. Putain, ça y est.

Les coachs sont Djamel, Alex et Mickaël. Ils se connaissent bien et n'arrêtent pas de se charrier. Bonne ambiance. Montée à bord de l'A380. Pendant le décollage, Émilien a des sueurs froides. Il pianote sur ses accoudoirs et serre les fesses. Personnellement, ça va. Je reste pragmatique. La mort peut venir, je suis prêt. En face de moi, sur un écran, je mate les différentes vues de l'avion. Sous son ventre. Du haut de sa queue. Ça me fait penser à « La Société du Spectacle » de Guy Debord et le fait qu'on perçoive maintenant le monde qu'à travers des représentations. Si tu comprends pas ce que je dis, n'hésite pas, demande moi, je suis du genre sympa comme mec.

Pour le trajet, j'ai prévu de lire « Le Livre du Voyage » de Bernard Werber. De la bonne came, refilé par ma voisine. Premiers mots, premiers engourdissements. Un bon Werber. De l'époque où il arrivait encore à m'injecter une bouffée de curiosité dans les veines. A côté de moi, Lolo sirote une Budweiser en regardant « Fantastic Mister Fox » et Emilien regarde « 9 mois Fermes ».

La nuit tombe. L'avion est plongé dans la pénombre. Des villes tentaculaires apparaissent sous le hublot. Des idéogrammes lumineux. Et des voitures, qui roulent comme des lucioles microscopiques. Le golf persique arrive. Je regarde « 9 mois Ferme » d'Albert Dupontel après avoir hésité entre 1200 autres films. Enfin un bon film français !

Dubaï. Aéroport immense. Colonnes argentées démesurées. Vitres en forme d'amandes, hautes de 50 mètres. Ascenseurs en marbre. Une vidéo pour un hôtel gigantesque, en forme de porte d'Orient, passe sur des écrans. On dirait une publicité de science-fiction pour une planète paradisiaque. Tout est propre et lisse. Ça pue le fric. Cigarette avec Alex, un des entraîneurs. Chouette discussion. Emilien se paie un burger à 5 heures du mat. Un vrai glouton celui-là. Il doit être né sous le signe du taureau ascendant vache pour avoir autant d'estomacs. Embarquement pour Pékin/Beijing.

 

Samedi 19 Juillet 2014 : Arrivée en Chine.

 

En nous donnant notre petit-dèj, l'hôtesse nous file un drôle de formulaire. On doit dire d'où on vient, nos mensurations et nos penchants sexuelles (Nan, je déconne...). Ce qui est drôle, c'est que dans le dos du papelard, le mot étranger est traduit par: ALIEN. C'est la première fois qu'on me considère comme un extra-terrestre. La classe internationale !

Aéroport de Beijing. Là, c'est bon, y a pas à tortiller du cul, on y est. Aéroport. Passage de la douane. Métro. On se croirait à Paris, à 18H, sur la ligne B du RER. Bonjour le dépaysement !

Une guide nous reçoit à la sortie. C'est une vieille dame, toute petite, avec un chapeau à ombrelle sur la tête. À l'extérieur, une peau de chaleur nous saute dessus. Les jeunes ont l'air ailleurs. Alors que nous, les journaleux, on est sur le pied de guerre, prêtent à shooter. Trajet sur l'autoroute. Je suis impatient de voir ce que la Chine nous réserve. Parce que là, je ne vois que des arbres et des voitures.

Beijing. 19 millions d'habitants. Plus on s'enfonce dans la ville et plus on voit apparaître des immeubles massifs, accompagnés de leurs 8 frères. Les architectes en Chine sont des feignasses. Ils dessinent un plan d'immeuble et le copient une trouzaine de fois. Bien plus tard, après des noeuds, des carrefours, des milliards d'immeubles, apparition du Nid d'Oiseau, ce stade qui servit pour les Jeux Olympiques. Il est gris et orné de lignes diagonales, comme des tresses. On dirait un vaisseau spatial, abandonné là en attendant de repartir pour Pluton. La guide nous dit qu'il est vide. Et ne sert plus.

Sortie du bus. Mur de chaleur dans la gueule. Promenade. Touristes chinois en chine. C'est drôle. Grande esplanade devant le stade. Certains ados font la gueule, le nez sur leur téléphone intelligent. Ils ne captent pas le wifi, mais ils ne captent pas non plus l'ampleur de ce qu'ils ont devant les mirettes. Faudra penser à changer de récepteur, les gars.

Au loin, dans la brume de pollution, se dresse un gratte-ciel gigantesque, d'un bleu sombre, comme une ombellifère préhistorique. Ça me troue les pupilles. Tous ces immeubles collées les uns aux autres. Ces tonnes de ciment. Ces hectolitres de sueur. Et toute cette terre soulevée, encore et encore et encore... Incroyable, mais vrai, bordel !

Bus. Direction le centre ville. Salon de thé. Ensuite, restaurant. A l'intérieur, différents couples mangent. Ça parle fort, ça braille, ça fume, ça vie. Je pense aux films de Wong-Kar Waï, mais dans une version populaire. Bières. Tables circulairse. Salade de trucs jaune, coupés en frite. Champignon à la sauce caramel. Avec Loïc, on trouve ça absolument délicieux. Poulet froid. Légumes verts. Le truc jaune, c'est de la patate, nous dit la guide. Elle est très gentille la guide. À mieux la regarder, on dirait que c'est ma grand-mère qui s'occupe de notre visite en Chine.

 Je demande au serveur où sont les toilettes, le tout en chinois s'il te plaît ! Et il capish, le mec ! Aux chiottes, il y a des cendriers au bord du trou. L'odeur d'urine est si présente, que mes narines se réveillent aussitôt : « Josianne? », dit la narine droite à sa voisine : « Je crois qu'on est sorti de notre zone de confort... »

Sortie du restaurant. Nuit. Les enseignes rouges explosent leur jus couleur pastèque sur nos gueules. Bus. Direction, la gare. La guide nous explique qu'il faudra faire attention à cause du monde. Au détour d'une route, v'là que la gare apparaît. Immense. Large. Soviétique. Illuminée comme un sapin de noël.

Ici, débute un chapitre hallucinant. En même temps, quand la guide chinoise nous avait dit qu'il allait y avoir du monde, on aurait dû se méfier... On a oublié qu'elle vivait dans un pays d'1 milliards 300 millions d'habitants ! Et que donc, quand elle te dit : « Vas y avoir du monde » c'est que PUTAIN DE BORDEL DE DIEUX, VAS Y AVOIR UN SACRE PAQUET DE MONDE !

A peine nous mettons un pied sur la place, que nous devons nous frayer un chemin au milieu d'une foule incroyable. Des schlags, bronzés comme du poulet au caramel, dorment au milieu du flot humain. Des voyageurs passent devant nous par centaines de milliers. La guide mène les opérations à la baguette (chinoise) et nous demande de rester collé-serré. Devant le premier passage, une longue file d'attente nous barre la route. Un type s'engueule avec le guichetier sous la lumière blanche d'un néon. De grosses gouttes de sueur roulent sur son nez. La chaleur est étouffante, même à 21H.

Pourquoi autant de monde un soir comme ça ? « C'est les vacances, » nous répond la guide. Mais on passera jamais ! Interrogations. Soudain, la guide nous hurle : « Vite, dépêchez vous ! » On gruge la file. Intérieur. Passage des portiques, à côté de policiers. Escalator. Bousculades. Quand on déboule, les gens se tournent vers nous avec des têtes pas possible. Des têtes fatiguées, suantes, souriantes, ronflantes, rêvassantes, ivres, mal-réveillées, engourdies, impatientes. Ils sont assis à quatre sur un baluchon, à côté de leurs valises. Sur un banc. Par terre. Il y a des vieux. Des enfants. Des shlags de gare (un classique). Des familles à n'en plus finir. Voyant ça, les ados vosgiens font des yeux ronds comme des soucoupes volantes. De vrais aliens, j'te dis.

Deuxième sas. Mur d'attente infranchissable. Des centaines de voyageurs sont serrés là dedans. On se regarde. En se demandant comment on va pouvoir sortir de ce bordel. Comment on va faire pour chopper le train. La guide négocie. Des militaires nous reluquent. Attente nerveuse. Promiscuité extrême. L'hôtesse nous hurle alors dessus. Et on gruge encore une fois. Course. Pont. Néons bleus et rouge. Ambiances John Carpenter, style « Jack Burton ». Rajoutes un peu de vert et de jaune sauce Wong-Kar-Waï et tu as le mélange chinois actuel : tradition et modernité.

Repérage du train. Installation rapide. Un chinois lit le journal, dans notre couchette du bas. Il nous regarde d'un air curieux. Après vérification, tout le monde est là. Regards. La tension baisse. Le train démarre. Ouf.

Mika, un des coachs, discute avec l'homme de la couchette. Il lui fait comprendre par des signes qu'il ronfle comme une locomotive. Le chinois se prend la tête et rigole en faisant la grimace. Parfois, les gestes suffisent. Mika nous parle alors de sa vie. Et je vais garder ça pour moi. Je sais, c'est paradoxale, mais j'me permettrais pas de raconter certains passages. Quand ça touche aux histoires qui palpitent sous la carapace intime des autres, je m'efface.

Avec Emilien, on fume une dernière clope, entre deux wagons. Avec le roulis du train, les contrôleurs, le vendeur d'eau et de chips, et les filles qui vont pisser.

Dodo.

 

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05 septembre 2014

Journal de Chine

JOURNAL CHINOIS

 1/6

Préambule au tintamarre :

Avant toutes choses, lecteurs/lectrices, je me dois de t'expliquer les raisons d'un tel voyage.

Tu l'as peut-être deviné, mais je travaille avec des copains dans une boîte de production audio-visuelle et depuis le mois de janvier, nous réalisons une émission : « Terrain de Jeu » , subventionnée par le conseil général des Vosges et diffusée sur Vosges-Télévision. Cette émission présente des sportifs vosgiens de différentes disciplines, que ce soit dans l'ultra-trail ou le hockey sur glace.

Dernièrement, Loïc -qui gère la boîte de prod'-, a été contacté pour suivre un projet un peu particulier : celui du SAS Épinal, club de football vosgepattes, dont la maxime est « Du foot, mais pas que... ». Cette maxime, d'apparence anodine, aura un rôle important, tu comprendras plus tard, ma gueule, lâche pas le morceau...

Le projet consistait à envoyer une équipe de moins de 17 ans en Chine, pour concourir à un tournoi de football : la Hope Cup, à Weifang dans la province du Shandong. Le budget prévoyait des journalistes et nous étions dans les parages. C'est alors que le représentant du conseil général se tourna vers Loïc et lui dit : « Et pourquoi ne pas vous envoyer faire un épisode de « Terrain De Jeu » ? Hein ? Ho ? Hé ?»

C'est là que je rentre en scène, un peu à l'arrache, motivé et sur le qui vive, tel un furet curieux au départ d'une course inconnue...

 

Mardi 15 Juillet 2014 : Avant le départ.

Alsace. Préparation des valises. Lectures d'articles sur Internet pour m'organiser : voir si je n'ai rien oublié. Et voir quels dangers m'attendent. Apparemment, les moustiques ne seront pas dans la région de Weifang, mais plutôt dans le Sud dans le Yunnan. Pas de paludisme, donc. Prise de conscience. Nœuds dans le bide. Attends... Je pars en Chine, c'est ça ?

Je regarde comment on dit « Merci » en chinois. Pour me mettre un peu à la page. Ça se dit « xiè xiè ». Putain, faut pas zozoter pour parler cette langue ! D'après le site, l'idéogramme est composé des éléments de la parole, du corps et du pouce. Il s'écrit comme ça :

mercimsieurmercimsieur

 

Je trouve ça beau.

 

Jeudi 17 Juillet 2014 : J -1

 

Départ en stop pour passer la frontière entre l'Alsace et les Vosges. Mon père et mes frères me larguent près d'un rond-point. Ciao bambino. Levé de pouce. Et bientôt, la première voiture s'arrête. Dieu du stop, si tu existes, merci. Le mec s'appelle Alain, il vient de Plainfaing, mais son accent sent la Choucroute et le Baeckeoffe. Un mec comme ça, quoi (Là, je lève mon pouce ). Il m'explique que sa fille est revenue d'un voyage de 8 mois en Chine et elle a trouvé ça : « HAAâââpsooolument chéééééénial ! ». Je reçois de bonnes ondes, pile au bon moment. Avant de me déposer, il me dit encore : « Et la prochaine fois qu'tu passes, t'hésites pas, hein, tu fiens boire un coup à la maison, y pas d'proplèmes, hein ! » Je le remercie et il m'arrête près d'un feu de croisement.

Deuxième voiture. Une femme qui roule vers Paris. Elle me parle de son travail de décoratrice de théâtre. De sa compagnie parisienne. Du fait qu'en ce moment, elle tourne une page dans sa vie pour faire dans la pédagogie. Ça me parle. Elle me laisse à St-Dié. Au revoir. Et à jamais.

Arrivé à St-Dié, au bureau. Loïc est on tha plaze. Meumeu et Quentin arrivent. Repas déodatien. Dodo.

Le lendemain, tournage pour le Conseil général des Vosges, avec un cycliste de l'équipe d'AG2R. Le soir, nous allons à Épinal, rejoindre les ados de l'équipe de foot pour la réception de leurs paquetages. Djamel, l'un des entraîneurs-éducateurs, donne les dernières recommandations. Une daronne lui posent 100.000 questions. Typiquement la mère poule qui voit son poussin s'envoler au royaume du canard laqué et qui a peur pour le plumage de son petit.

Le lendemain matin, préparation des valises. Derniers achats. Vosges Matin vient nous interviewer. Le soir, repas pantagruélique à la Preghi's House : potée provençale, saint-nectaire et clafoutis d'abricot. Bon repas franchouillard avant le grand saut. Avec Quentin, on se regarde et on se dit que dans un jour approximativement, on sera à Pékin.

Silence.

Tout ça dépasse notre entendement. On se croirait au début d'un film inconnu, avec pour seuls indices, un léger pitch et quelques éléments de casting. Une version d'« Expendable » en vosgien, avec Loïc en première ligne, alias « Forrest Le Véloce», soutenu par Emilien, dit « Le Mils », le Mec-Qui-À-Ce-qu'Il-Faut-Au-Moment-Où-Il-Faut, Quentin, dit « Tonton », l'Aventurier Normand, et derrière, fermant la marche, votre serviteur.

Ouai, ça sonne bien comme début. Mais faut avouer que le reste de l'aventure est de l'ordre de l'inattendue. Et ça, moi, ça m'excite le bulbe.

Allez, bonne nuit les petits.

 

 

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