Un regard sur la route

07 décembre 2016

Les copains d'abord.

LE JOUR DU ROBOT

 

Un copain et sa copine ont lancé leur boîte de production audiovisuelle.

Elle s'appelle Robot Day. Elle est jeune et plein d'espoirs !

Leur site se trouve là :

http://robotday.fr/

Et leur twitter, là :

https://twitter.com/RobotDayProd?lang=fr

 

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***

DOWN BY THE RIVER

 

Un autre copain a composé un livre d'illustrations.

Il s'intitule « Children of the Rivergod ».

Son site est là :

http://weissportfolio.blogspot.fr/p/book.html

Et son tumblr  là :

http://leo-weiss.tumblr.com/

 

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 ***

Tous les trois, à leur manière, défendent l'imaginaire, ces recoins bizarres où les ombres passent comme des pinceaux gorgés à l'encre de poulpe et ces portes dorées qui s'entrebâillent, certains matins, sur des haleines exotiques et furibondes.

Tous les trois, à leur manière, construisent un petit monde, un rêve en dur, un échafaudage pour les œuvres futures.

À tous les trois, je lance des fleurs, des caribous et des bouts de ficelles, pour le présent, le maintenant, le fort et le virevoltant !

 

Tonnerre d'applaudissements !

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29 novembre 2016

 Châlons -En - Champagne (1/2)

 

J'ai passé un an à Châlons-En-Champagne pour mon premier stage en tant que professeur de français.

La rue de la Marne est la grande rue qui amène les voitures de la gare jusqu'à la mairie - mairie que vous pouvez voir au fond, sur la première photographie ( en bas) -.

Cette rue, longue et monotome, n'est pas piétonne. Elle est située sur l'ancienne voie romaine. En marchant, vous pouvez y découvrir plus d'une dizaine de magasins déserts, abandonnés ou à louer. Même le Pôle Emploi semble sortir d'un film post-apocalyptique (3ème photographie).

J'ai décidé de photographier toutes ces devantures pour témoigner.

Cette année à Châlons fut la plus merdique de ma vie.

En voici donc le décor.

Le maire de Châlons-En-Champagne s'appelle Benoit Apparu. Il est aussi député de la Marne. Il soutient actuellement Alain Juppé. Il cumule un poste de maire et de député de la Marne. N'y a-t-il pas un dicton qui préconise de faire une seule chose à la fois ?

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P.S. Cet article sera suivi par un autre qui montrera une facette différente de Châlons-En-Champagne.

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28 novembre 2016

 Châlons - En - Champagne (2/2)

 

Bien évidemment, la ville de Châlons-en-Champagne n'est pas une totale défaite de l'urbanisme.

Plusieurs petits points égayent la carte et il me faut les mentionner pour ne pas passer pour un gros rabat-joie et un menteur éhonté.

Comme je ne m'étendrai que sur un point de cette carte, je tiens à signaler, avant de commencer, les quelques pépites que la ville recèle.

Tout d'abord, elle contient l'un des rares cirques en dur de France ( Avec celui d'Hiver, de Paris, ou le Jules Vernes à Amiens). Elle accueille aussi le CNAC ( Centre national des arts du cirque), l'une des meilleures écoles de cirque française. Châlons-En-Champagne possède aussi une petite venise fort mignonne ainsi que quelques parcs délicats. Elle abrite aussi la tombe de Cabu et la maison de Pierre Dac.

Châlons-En-Champagne a aussi quelques bâtiments signés de la main de l'architecte Octave Gelin. Pour l'occasion, j'ai pris de nombreuses photos de ces bâtiments et j'ai notamment étoffé la page wikipedia de cher Gelin. Vous allez me dire : "Mais c'est qui ce sombre inconnu ?" et vous aurez raison de me poser la question, puisqu'effectivement, ce n'est pas un homme connu. Enfin, pas autant que j'aimerais !

Si je me suis intéressé à lui, c'est surtout à cause de l'influence de l'Art-Nouveau sur son architecture. J'ai véritablement une passion pour ce type d'architecture. Retrouver des bâtiments de ce genre, dans une ville que je trouve nulle, fut une petite découverte. Sa manière de couper les lignes pour arrondir les cadres des fenêtres, son style d'ornement autour des portes, basé sur la vigne, la rose ou l'érable, sa manière d'arrondir, de chercher l'ovale et l'organique, de plier et d'adoucir, me fascine au plus au point. 

Vous pouvez accéder à la page wiki : ICI ( J'ai pris les photos moi-même pour les poster. Elles ne rendent pas toutes hommage à l'architecte, mais elle témoigne, ce qui est le but premier. )

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21 novembre 2016

REFLETS

R    E    F    L    E    T    S

est une nouvelle fantastique.

 

La deux premières parties furent publiées sur le site gforgeek.

Vous pouvez les lire ici :

PREMIERE PARTIE

DEUXIEME PARTIE

 

Voici maintenant la troisième et dernière partie.

Bonne lecture.

 

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3.

Un craquement d'os retentit, suivit d'un hurlement aiguë.

« Enfoiré ! » couina la femme.

Christophe soutint Henry dans son élan et l'allongea. L'homme avait les habits gorgés de sang. Sa moustache tremblait et ses yeux avait du mal à rester ouvert. Christophe se sentait inutile, impuissant.

« Henry...

- Tais-toi... Je ne peux pas t'accompagner. Alors dégage. Je change. Je le sens... Quelque chose meurt en moi. Et quelque chose semble se réveiller. Cette satané gonzesse m'a bouffé le cou... expira-t-il.

- Mais je ne peux pas...

- Tu diras bonjour à Clémentine de ma part. »

Christophe essaya de le relever, mais l'homme le repoussa dans un dernier effort. Henry se tenait face à son ami.

« Je les retiendrais. J'ai découvert ce que je voulais... Maintenant... Maintenant pars ou je te plombe moi-même. »

Il sortit son pistolet de sa veste, d'un geste maladroit. Ses mains blanches tremblait. En bas, la créature était allongée sur le dos et se cramponnait la cheville. Au fond, près de la porte, un des hommes s'était relevé. Un crépitement annonçait qu'il allait faire feu. Muet, Christophe regarda une dernière fois son ami...

Qui ne le regardait plus.

« Bouge ton cul ! »

Une détonation vibra dans le vestibule. Des éclats de bois volèrent. Mais Christophe avait bougé au dernier moment.

Il se mit à courir. Du mieux qu'il put. Il avait du mal à refouler l'idée de descendre pour arracher son compagnon à son sort. Il arriva au premier étage, puis il continua sa course vers l'étage supérieur, contrairement à ce qu'il avait dit à la femme.

Deux portes s'offrirent à lui. Il défonça celle de droite et se glissa à l'intérieur. La salle était engluée dans les ténèbres. Les fenêtres avaient été condamnées. Christophe n'en voyait que les contours. Il se dirigea à tâtons vers une autre porte, déjà entrebâillée. Ses yeux fouillaient chaque recoin de la pièce. Il cogna contre un buffet et jura tous les diables. Un grondement retentit au rez-de-chaussé. Sans réfléchir, Christophe s'engouffra dans un autre appartement.

Tout était recouvert d'une épaisse couche de poussière. Un vieux lustre dégoulinant de cire pendait au plafond.

« Ne pas s'appesantir, ne pas s'appesantir... »

Explosant la serrure, il atterrit dans une autre chambre, sorte d'ancien cabinet. Une odeur de cendre hantait l'air. La cheminée était entourée d'un halo charbonneux, et tout ce qui l'entourait, les murs, les tapis, les tabourets, était carbonisé. Après un bref regard il ressortit, une nouvelle fois bredouille. Il ne lui restait vraiment plus beaucoup de temps...

Les pas se rapprochèrent. Christophe s'arrêta, nerveux. Les autres étaient sur le perron. Ils formèrent deux groupes. Christophe se plaqua près de la porte, la rapière à sa main. Et la porte s’entrouvrit.

Un canon de pistolet se dégagea. Suivit d'un bras.

Christophe s'empara du poignet et le tira brusquement à l'intérieur. Il reconnut en une seconde la silhouette d'Alric et sa souplesse de tigre. Son pistolet tomba, mais Alric pivota et se redressa pour lui décocher un coup de poing. Christophe sentit ses molaires vibrer. Il alla s'affaler contre un vieux canapé. La poussière explosa tout autour d'eux. Alric tenta de reprendre son pistolet, mais Christophe bondit, la tête encore bourdonnante. L'ombre dressa son pied. Christophe encaissa le choc. Retomba au sol. L'homme agrippa l'arme. Mais Christophe déplia son bras, planta la lame sous l'arcade sourcilière et creva l'oeil gauche de la créature. Alric se plaqua alors les mains aux visages et Christophe déguerpit.

Il atterrit dans un couloir.

Il s'y enfonça à toute vitesse.

Le calme revint.

Les voix des autres résonnaient parfois, mais de manière étouffées.

Sur le perron, personne.

Il passa près des escaliers. Le visage de Henry lui revint en tête. Il se détourna, pour ne pas reprendre la vague de remord en plein fouet. Il suivit les pas dans la poussière, qui rentraient dans une salle plus espacée. Les murs étaient habités par une immense bibliothèque.

« Souviens-toi... C'est inhabituel, Christophe, inhabituel. On peut y voir tellement de choses. La plupart d'entre eux ne montrent que l'extérieur, l'envers du monde. Ils s'arrêtent tous à cette capacité. Pourtant celui-là va au-delà... »

La voix de Jacques résonnait dans son crâne alors qu'il enjambait des livres. Rabattant la poignée, il s'engouffra dans une nouvelle pièce.

C'était une grande salle de danse abandonnée, au parquet lisse et poussiéreux. Un trou dans le toit découpait un morceau de ciel étoilé. Christophe commença à faire le tour des murs, d'un pas rapide. De grandes fresques se déroulaient au plafond. Au centre, une bataille céleste. Des cavaliers noirs contre des anges vaporeux.

Il arriva au coin nord-est et aperçut un léger reflet. Il s'approcha et passa ses doigts dessus. Il le découvrit. Enfin. La joie s'infiltra d'un coup dans ces veines. Il l'épousseta du mieux qu'il pût. Un morceau de verre manquait. Christophe garda un instant de silence, savourant sa découverte. Il sortit sa pochette, quand une voix de glace retentit dans son dos :

« Tourne-toi Christophe, avant que je te plombe la tête... »

 

*

* *

La petite fille était toute émerveillée devant cet objet mystérieux. Pourquoi sa mère lui avait-elle interdit de le voir ? Elle ne voulait peut-être pas qu'elle le casse ou qu'elle joue avec... C'était sûrement ça la véritable raison. Mais il semblait y avoir autre chose. Les monstres dans l'ombre lui chuchotaient une chanson bien plus étrange.

Elle leva la tête, pour voir s'il n'y avait personne autour. La charpente se tenait bien droite dans l'ombre. Elle ressemblait à une géante dont les épaules soutiendraient le toit de la maison. Les années se dessinaient dans les poutres, invisibles à l'oeil nu, comme une frise temporelle à fleur de peau.

La fille respira plus profondément. Puis elle passa son doigt dans la partie manquante de la glace. Une pulsation liquide apparut alors et un tourbillon se forma.

 

*

* *

La femme s'approcha. Les deux gardes du corps étaient chacun à une porte, empêchant toutes sorties. Le trou du canon du pistolet de la femme l'observait, comme l'oeil noir d'un cyclope. C'est alors qu'il osa. Et joua son dernier coup.

« Est-ce que vous m'accordez une dernière valse, ma chère ?»

Elle s'arrêta soudain.

«  Tu es au pied du mur et tu fais le fanfaron, Christophe... J'aime ça, dit-elle, en se léchant les lèvres. »

Ses cheveux de porcelaine luisaient dans l'obscurité.

Soudain les rôles s'inversèrent, et de manière délicieuse, c'est la femme qui tomba sous le charme. Durant ces dernières secondes, elle se délecta de sa vue, de sa silhouette sculptée, de sa cape sombre et de son visage en sueur. Puis elle se rattrapa, comme lorsque l'on se réveille d'un rêve.

Christophe essaya de ne pas perdre son dernier avantage.

« C'est vrai je ne suis qu'un petit humain, après tout. Tu as raison. Toi et ta race n'avez pas toutes nos encombres, nos contraintes. Vous êtes, comment dire... Éternels !»

Sentant que son petit discours faisait son effet, Christophe continua, l'air grave.

« Car vous ne connaissez ni la fatigue, ni la famine, et vous pouvez rester une semaine sans dormir sans que cela ne vous gène... Mais vous êtes froid au fond de vous. Vos vies ne sont qu'une quête sans fin. Vous avez perdu le goût des choses.

- Tu te moques de mes sermons, mais les tiens ne sont pas meilleurs... Au revoir Christophe. »

Elle appuya sur la détente.

Christophe n'entendit pas le bruit. Il y eut juste une décharge de feu dans son ventre et une douleur atroce.

La femme avança d'un pas, alors même qu'il plaçait le fragment dans l'encoche du miroir. Elle avança ses lèvres, ouvrit la bouche et sortit sa langue. Christophe put sentir le contact humide sur ses lèvres. Une lumière nacré s'échappa alors de derrière lui et la glace se mit à tourbillonner.

Un vortex enveloppa l'homme et il disparut.

Peut-on tomber amoureux de son ennemi ? La femme aurait voulu brûler cette question qui lui démangeait les membres. Mais une larme coula sur sa joue. Et lorsque ces deux sbires s'approchèrent, elle l'essuya nerveusement.

*

* *

Un médecin, avec son masque à bec, se tient dans la rue, une torche à la main. Il siffle. Attends. Et soudain, sortant d'une cave, des rats apparaissent, couinant par milliers. La marée des créatures se met à suivre les pas de l'homme...

Et le couperet tombe en scintillant. La tête dégringole. L'immensité du ciel et l'éparpillement des nuages se reflètent dans ses pupilles. Le bourreau agrippe les cheveux de la tête et la dresse devant la foule: « HOURRA ! HOURRA !»

Un soldat, coiffé de son casque ovale et crasseux, la barbe lui bouffant le visage, est englué dans la boue. Il n'arrive plus à sortir. Il avale de la terre, souffle comme un boeuf. Ses yeux sont deux mouches noires, noyées dans du lait. Une lumière apparaît au-dessous de lui, au-dessous de la poussière et des obus...

Et un aborigène allume un feu dans le désert. Des rochers et des buissons épineux à perte de vue. Comme s'il était le dernier homme sur terre. Un avion découpe le ciel. Quel est cet oiseau de métal ?

Un homme, la sueur au front, s'approche d'une jeep blindée. La rue bourdonne. Un soldat interpelle une femme. Une vague de sable. Les soldats voient l'homme s’avancer. Ils s'approchent, le regard suspect. L'homme appuie sur le détonateur et s'explose au milieu de la foule.

*

* *

L'homme s'extirpa du miroir et s'affala piteusement sur les planches du grenier. La petite fille recula d'instinct et se plaqua les genoux contre sa poitrine. Tremblant de peur, elle l'observait de derrière sa chevelure. Il portait une barbe hirsute, longue d'une dizaine de centimètre et son visage se cachait derrière un amas de cheveux. Du sang noir dégoulinait de son ventre. Son costume venait d'un autre temps. Il essaya de se relever, mais ses forces ne lui permettaient aucun mouvement. Il se laissa choir de côté, le visage dégoulinant.

« Clém... Clémentine... » marmonna l'homme.

La fille apeurée ne bougeait pas.

Des pas grondèrent dans l'escalier. La mère déboula, le visage endormi et les sourcils froncés :

« Chéri, je t'avais ordonné de ne pas monter au... »

La femme s'arrêta. Elle fit le rapport entre la bête hirsute par terre et la petite fille recroquevillée sur le côté. Elle se rua sur sa progéniture et se tourna vers l'homme. Elle chercha ces yeux à travers le fouillis de sa barbe et ses cheveux.

« Que... Que faites vous ici ?! Comment êtes vous rentré ?

- C'est moi... »

Elle resta immobile. La silhouette par terre tenta de se relever. La stupeur lui remuait le ventre, mais elle essayait de la contenir. Elle tendit une main et prit le visage crasseux de l'homme. À travers la faible luminosité de la nuit, elle lui sembla entrevoir des pupilles :

« Christophe ? »

Le visage de la petite fille s'éclaira soudain :

« Papa ? »

Une joie étrange s'abattit dans les ténèbres.

Ils se réunirent, tous les trois. Et, malgré la joie d'avoir retrouvé son monde, Christophe eut une dernière pensée, juste avant de s'évanouir, pour Henry, le guide à travers les mondes.

 

FIN

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15 septembre 2016

Littérature de l'Imaginaire

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Bienvenue cher lecteur, lectrice !

Aujourd'hui, je voudrais te parler de la littérature de l'imaginaire !

J'ai eu la chance, pour la deuxième fois, de participer à la revue « Bifrost », éditée et imaginée par l'équipe de la maison d'édition « Le Bélial ».

Cette revue propose rien de moins que des nouvelles littéraires ( Dans le dernier numéro, une de Ken Liu, de Léo Henry et de Laurent Kloetzer) ainsi que des dossiers et des interviews autour d'un écrivain ( Laurent Kloetzer, justement), et des critiques. Le bonheur !

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C'est là que j'interviens puisque j'ai eu la chance d'écrire une petite critique pour un livre de Sara Doke ( Que je ne connaissais pas avant...) qui s'intitule « Techno Faerie » et qui est édité par « Les Moutons Électriques ». C'est un livre fort intéressant, fort déroutant aussi. Je le conseille à ceux qui aiment le Petit Peuple, les livres patchwork, les livres graines, mais je le déconseille à ceux qui cherchent une lecture TGV rebondissante.

Merci à Gilles Dumay pour sa confiance !

Je vous embrasse,

L'âme saoule

P.S. J'avais déjà écrit une critique dans Bifrost. C'était pour un livre de Pierre Pevel : « Haut-Royaume : Le Chevalier ». Vous pouvez la lire ICI !

 

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30 mai 2016

Jean.

Il y a toujours un brouillon quelque part.

Il y a le germe, la première pousse, l'embryon dans la toile. Et puis, il y a la feuille volante, le coup de silex comme dirait Wajdi, et les notes, les mêlements, les traces et les hiéroglyphes.

L'oeuvre de mon frère, Jean, ouvre les portes d'un univers bordélique. Au croisement de la typographie, du délire beauzart et de la petite pousse géniale.

Allez y jeter un oeil ou deux.

 

 

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Son site : Là.

Son portfolio : Là.

Son mémoire : Là.

Son Twitter :@jido54

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30 avril 2016

 

L'étrange caillou.

 

 

 

***

 

L'instant a disparu.

Sous mes yeux.

Le temps l'a recouvert.

De sa cape invisible. Il n'est plus. Ou presque. Il perdure, mais sous une autre forme. Une forme étrange et impalpable. À la manière d'un cristal incrusté dans une grotte.

Nous cohabitons tous avec ces loges diamantines. Notre mémoire s'y accumule par strates. L'inconscient y sommeille, comme une chauve-souris agrippée au piton du réel. Le long de ces plafonds s'étalent de vastes fresques floues. Des gouttes de secondes perlent. Et des ruisseaux de rêves s'écoulent.

Quelle arme faut-il donc pour arrêter le temps ?

 

***

J'arrache le coin de la grille et je l'invite à passer en-dessous. Elle s'érafle le dos aux griffes de métal et se retourne en criant. Elle touche la plaie avec sa main. Je la prends entre mes bras et nous formons un nid. Elle pleure. Je pleure aussi. De joie. Des larmes de vodka au concombre. Nous sommes saouls à s'en tordre les chevilles. Il doit être quatre heures du matin. Elle glisse un oeil hors des branches de mes bras. Je lorgne tout autour. Les rails luisent et s'enfuient dans d'innombrables directions. La gare dort, plus loin. Des locomotives attendent. Et la voûte du ciel s'arque au-dessus de nous, piquetée d'étoiles de lait.

Je garde la bouche bée aux vents. L'instant est magique. Nous nous recevons. Elle s'essuie les yeux. Je ne la connais pas. Elle me fout une claque. Je la secoue pour qu'elle reprenne ses esprits. Cela fait six heures à peine que nous échangeons des mots sur cette planète que nous sautillons déjà au-dessus des chemins de fer.

Des filins croisent les étoiles. Des destinées se télescopent dans le firmament. Nous reprenons une gorgée de Moscow Mule. L'alcool fusionne avec nos cervelles. Et telles des danseuses noires, nous grimpons à bord d'un wagon de marchandise. Les planches puent le goudron. J'étale ma veste. Nous nous y enrobons.

La nuit est câline. Nos peaux se cajolent. Je lèche son dos. Nous buvons la salive de l'un et de l'autre. La main dans l'entrejambe, nous ouvrons des chants nouveaux. En plein ébat, un train traverse la gare et nous illumine l'échine. L'éclair de lumière nous cisaille l'oeil. Je pars en fou rire, les fesses à l'air. Elle remonte sa chemise sur ses seins. Le conducteur de train semble hypnotisé. Sous le choc. Sous le vif.

***

L'instant a disparu.

Il s'est fait avalé par le temps, cet immuable serpent. Mais le souvenir respire encore. Comme un revenant. Il titube, mais avance. À demi-conscient. En colocation.

***

Je suis dans un parc, sous les petites éclipses de soleil qu'orchestrent le vent et les branches. Elle est à côté de moi. Sur un banc. Et elle tient l'arme entre les mains. De forme oblongue, avec un manche chromé et un cristal en guise d'objectif, il semble vibrer.

« C'est un pistolet un peu spécial, tu sais. Quand il touche sa cible, il tue le temps... »

Je l'observe avec attention. Quatre ans se sont écoulés depuis notre nuit sur les rails.

« S'il tue le temps, il le fait aussi disparaître ?

- Non...

Elle malaxe l'artéfact avec précaution.

- En fait, il le cristallise. Un peu comme un moule d'argent sur un visage. Ou une goutte de sève sur un moustique.

Son oeil scintille.

- Regarde.

Elle lève l'arme.

Vise.

Tire.

En face, des traces se sont moulées dans le sable. Des ombres d'enfants s'étirent sur le bitume. Le soleil est d'or. Et nos secondes se fondent enfin.

 ***

L'instant est revenu.

Les secondes se sont cristallisées. Elles forment un bloc de temps. Une pierre précieuse.

 

 

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Photographie argentique : Manon Roth

http://skycaillou.tumblr.com/

 

23 avril 2016

Clip

      

        Il y a urgence, mon ami. Tu ne l'entends pas ? À chaque mot. À chaque cri. Quelque chose te pousse. À agir. À devenir. À creuser tes retranchements. Où, enfin, tu trouveras un regard neuf. Arrête de marmonner. Avance. Pulse. Au son des chants et des expériences. Il y a urgence mon ami. L'urgence d'émerger.

 

 

Russo Amorale : @RussoAmorale

Karl Carlos Jr : @KarlCarlosJr

10 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

7 / 7.

 

- Tu sais quoi, j'en ai marre d'être célibataire... L' autre jour, je suis tombé en admiration devant une fille, et devine quoi, qui qui qui qu'c'est qu'elle embrasse ? Une nana ! Une putain de nana.... J'aurais pu me flinguer... Une lesbienne. Merde quoi. Y pas de justice.

- Putain, quand c'est pas cool... C'est vraiment pas cool...

- Oui, ça, tu l'as dit... Heureusement que t'as fait Hypokhâgne pour me sortir ce genre de conneries... Putain de lesbos. Putain de couille de foutre de raclure de merde !

 

Après avoir refait le monde 18 fois, picolé pour avoir au moins chacun 2 grammes dans le sang, je décide de décamper. Je le prends dans mes bras en lui souhaitant que la force d'Iggy soit avec lui.

Je rentre à vélo, rond comme un ballon. Les lignes de la route jouent la valse à mille temps. Je chante au milieu des immeubles qui pioncent. Les lampadaires dégoulinent leurs larmes orangeâtres sur la macadam, comme du sirop sale. Je donne un brusque coup de guidon pour éviter le cul d'une bagnole. Je lève les yeux vers le ciel. Plein d'étoiles. Des bulles de champagnes en suspension.

Je passe devant un immeuble. Il y a des types au balcon. Les échos d'une fête, le murmure des discutions, le battement de la musique. Je leurs gueule dessus. Ils me jettent des capuchons de bière. Je les évite et leurs fait un bras d'honneur.

Je traîne ma carcasse jusqu'à ma chambre de 9 mètres carré. Je ferme à clef. Je regarde mon visage de zombie. Je fais un arrêt cardiaque. Je me défroque et j'm'endors. Je pense à la fille du bus, qui ne pense pas à moi. J'irais l'enterrer demain dans mon cimetière à souvenir. Faut pas que je m'attache. Faut pas que j'm'attache... Je me lève soudain. J'ai mon ventre qui est en train d'accoucher. Je me dirige vers le bidet et dégueule une belle galette acide. Me pieute. Dans mon sarcophage.

Enfin.

La vie, c'est comme la cigarette.

C'est toujours bateau sur l'eau de faire ce genre de comparaison, parce que bon, franchement, la vie c'est la vie. Point barre. Mais quand même... La vie et la cigarette, ça se résume bien tous les deux. Parce qu'au final, l'un et l'autre, c'est vraiment risqué.... Tu vis, c'est risqué. Tu fumes, c'est risqué. Et si t'arrêtes, faut trouver autre chose, faut compenser... Y en a p'têtre qui gueule : « Mais qui va payer vos soins quand vous aurez un cancer du poumon ? Hein ? » Moi je leurs réponds: « On meurt tous, Messieurs et mesdames, faut pas se leurrer ! Et puis, pour vous, qui payera vos soins quand vous aurez un cancer de l'orgueil ? Hein ? »

Bon. Sur ce, j'ai pas fini ma clope littéraire.

Allez lecteur...

Je te lâche ma fin.

 

 

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09 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

6 / 7.

 

Pour mon prof d'Histoire d'hypokhâââââââgne, l'anarchisme se résume à deux règles :

1ère règle :

Il n'y a rien. Comme dans la tête à Sarko.

2ème règle :

Personne ne s'occupe de la première règle.

 

Voilà comment réduire en deux petites pirouettes des années de luttes... Enfoiré !

Blague à part : ça devient trop facile de se moquer de Sarko. Faudrait lui demander un jour d'être intelligent. Hein ! Trou d'balle masqué ! Tu pourrais faire un effort, sacré nom de diou ! On serait obliger de trouver un autre souffre douleur et puis on te laisserait tranquille. Le pauvre...

- Ah ouai, Gros niqueurs..... Ahahahahah.....

- Tu viens de comprendre la vanne de tout à l'heure ?

- OUAI !!!!!!!!!

- Putain, t'en a mis du temps Jacky... Ah ! J't'ai pas dit !

- Tu as rencontré la reine d'Angleterre et elle t'a pris sur sa moto, je sais...

- Nananan... J'ai inventé une chanson ! Attends, bouge pas...

- Je bouge pas promis.

- Je te la chante.

- Deux secondes, je me bouche les oreilles et je vais à Cherbourg, chercher mon parapluie.

- Trop drôle... Alors... Elle s'appelle... (Roulement de tambour...): "Apprends à pisser..." !!!!

- Ouawwww. Je suis tout à toi.

 

L'autre soir, t'es rentré bourré

Complètement déglingué

Et t'as voulu pisser

Alors t'a visé la cuvette

Mais t'étais pas net

Pire qu'une chouette

 

Refrain:

Apprend à pisser!!!

T'es pas chez mémé!!!

Apprend à pisser!!!

T'es pas chez mémé!!!

Ah ! Ce Momo...

Quel rigolo...

 

- Et ?

- Et quoi ?

- Bin... C'est tout ?

- En fait, je n'ai que le premier couplet...

- Ah.

- C'est un début...

 

 

 

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