Un regard sur la route

30 avril 2016

 

L'étrange caillou.

 

 

 

***

 

L'instant a disparu.

Sous mes yeux.

Le temps l'a recouvert.

De sa cape invisible. Il n'est plus. Ou presque. Il perdure, mais sous une autre forme. Une forme étrange et impalpable. Transformé de seconde en souvenir. À la manière d'un cristal incrusté dans une grotte.

Nous cohabitons tous avec ces loges diamantines. Notre mémoire s'y accumule par strates. L'inconscient y sommeille, comme une chauve-souris agrippée au piton du réel. Le long de ces plafonds s'étalent de vastes fresques floues. Des gouttes de secondes perlent. Et des ruisseaux de rêves s'écoulent.

Quelle arme faut-il donc pour arrêter le temps ?

 

***

J'arrache le coin de la grille et je l'invite à passer en-dessous. Elle s'érafle le dos aux griffes de métal et se retourne en criant. Elle touche la plaie avec sa main. Je la prends entre mes bras et nous formons un nid. Elle pleure. Je pleure aussi. De joie. Des larmes de vodka au concombre. Nous sommes saouls à s'en tordre les chevilles. Il doit être quatre heures du matin. Elle glisse un oeil hors des branches de mes bras. Je lorgne tout autour. Les rails luisent et s'enfuient dans d'innombrables directions. La gare dort, plus loin. Des locomotives attendent. Et la voûte du ciel s'arque au-dessus de nous, piquetée d'étoiles de lait.

Je garde la bouche bée aux vents. L'instant est magique. Nous nous recevons. Elle s'essuie les yeux. Je ne la connais pas. Elle me fout une claque. Je la secoue pour qu'elle reprenne ses esprits. Cela fait six heures à peine que nous échangeons des mots sur cette planète que nous sautillons déjà au-dessus des chemins de fer.

Des filins croisent les étoiles. Des destinées se télescopent dans le firmament. Nous reprenons une gorgée de Moscow Mule. L'éthanol fusionne avec nos cervelles. Et telles des danseuses noires, nous grimpons à bord d'un wagon de marchandise. Les planches puent le goudron. J'étale ma veste. Et nous nous y enrobons.

La nuit est câline. Nos peaux se cajolent. Je lèche son dos. Nous buvons la salive de l'un et de l'autre. La main dans l'entrejambe, nous ouvrons des chants nouveaux et perpétuons d'anciens rites. En plein ébat, un train traverse la gare et nous illumine l'échine. L'éclair de lumière nous cisaille l'oeil. Je pars en fou rire, les fesses à l'air. Elle remonte sa chemise sur ses seins. Le conducteur de train semble hypnotisé. Sous le choc. Sous le vif.

***

L'instant a disparu.

Il s'est fait avalé par le temps, cet immuable serpent. Mais le souvenir respire encore. Comme un revenant. Il titube, mais il avance. À demi-conscient. En colocation.

***

Je suis dans un parc, sous les petites éclipses de soleil qu'orchestrent le vent et les branches. Elle est à côté de moi. Sur un banc. Et elle tient l'arme entre les mains. De forme oblongue, avec un manche chromé et un cristal en guise d'objectif, il semble vibrer.

« C'est un pistolet un peu spécial, tu sais. Quand il touche sa cible, il tue le temps... »

Je l'observe avec attention. 4 ans se sont écoulés depuis notre nuit sur les rails.

« S'il tue le temps, il le fait aussi disparaître ?

- Non...

Elle malaxe l'artéfact avec précaution.

- En fait, il le cristallise. Un peu comme un moule d'argent sur un visage. Ou une goutte de sève sur un moustique.

Son oeil scintille.

- Regarde.

Elle lève l'arme.

Vise.

Tire.

En face, des traces se sont moulées dans le sable. Des ombres d'enfants s'étirent sur le bitume. Le soleil est d'or. Et nos secondes se fondent enfin.

 ***

L'instant est revenu.

Les secondes se sont cristallisées. Elles forment un bloc de temps. Une pierre précieuse.

 

 

roth-manon_2015-1

Photographie argentique : Manon Roth

http://skycaillou.tumblr.com/

 


23 avril 2016

Clip

      

        Il y a urgence, mon ami. Tu ne l'entends pas ? À chaque mot. À chaque cri. Quelque chose te pousse. À agir. À devenir. À creuser tes retranchements. Où, enfin, tu trouveras un regard neuf. Arrête de marmonner. Avance. Pulse. Au son des chants et des expériences. Il y a urgence mon ami. L'urgence d'émerger.

 

 

Russo Amorale : @RussoAmorale

Karl Carlos Jr : @KarlCarlosJr

10 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

7 / 7.

 

- Tu sais quoi, j'en ai marre d'être célibataire... L' autre jour, je suis tombé en admiration devant une fille, et devine quoi, qui qui qui qu'c'est qu'elle embrasse ? Une nana ! Une putain de nana.... J'aurais pu me flinguer... Une lesbienne. Merde quoi. Y pas de justice.

- Putain, quand c'est pas cool... C'est vraiment pas cool...

- Oui, ça, tu l'as dit... Heureusement que t'as fait Hypokhâgne pour me sortir ce genre de conneries... Putain de lesbos. Putain de couille de foutre de raclure de merde !

 

Après avoir refait le monde 18 fois, picolé pour avoir au moins chacun 2 grammes dans le sang, je décide de décamper. Je le prends dans mes bras en lui souhaitant que la force d'Iggy soit avec lui.

Je rentre à vélo, rond comme un ballon. Les lignes de la route jouent la valse à mille temps. Je chante au milieu des immeubles qui pioncent. Les lampadaires dégoulinent leurs larmes orangeâtres sur la macadam, comme du sirop sale. Je donne un brusque coup de guidon pour éviter le cul d'une bagnole. Je lève les yeux vers le ciel. Plein d'étoiles. Des bulles de champagnes en suspension.

Je passe devant un immeuble. Il y a des types au balcon. Les échos d'une fête, le murmure des discutions, le battement de la musique. Je leurs gueule dessus. Ils me jettent des capuchons de bière. Je les évite et leurs fait un bras d'honneur.

Je traîne ma carcasse jusqu'à ma chambre de 9 mètres carré. Je ferme à clef. Je regarde mon visage de zombie. Je fais un arrêt cardiaque. Je me défroque et j'm'endors. Je pense à la fille du bus, qui ne pense pas à moi. J'irais l'enterrer demain dans mon cimetière à souvenir. Faut pas que je m'attache. Faut pas que j'm'attache... Je me lève soudain. J'ai mon ventre qui est en train d'accoucher. Je me dirige vers le bidet et dégueule une belle galette acide. Me pieute. Dans mon sarcophage.

Enfin.

La vie, c'est comme la cigarette.

C'est toujours bateau sur l'eau de faire ce genre de comparaison, parce que bon, franchement, la vie c'est la vie. Point barre. Mais quand même... La vie et la cigarette, ça se résume bien tous les deux. Parce qu'au final, l'un et l'autre, c'est vraiment risqué.... Tu vis, c'est risqué. Tu fumes, c'est risqué. Et si t'arrêtes, faut trouver autre chose, faut compenser... Y en a p'têtre qui gueule : « Mais qui va payer vos soins quand vous aurez un cancer du poumon ? Hein ? » Moi je leurs réponds: « On meurt tous, Messieurs et mesdames, faut pas se leurrer ! Et puis, pour vous, qui payera vos soins quand vous aurez un cancer de l'orgueil ? Hein ? »

Bon. Sur ce, j'ai pas fini ma clope littéraire.

Allez lecteur...

Je te lâche ma fin.

 

 

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09 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

6 / 7.

 

Pour mon prof d'Histoire d'hypokhâââââââgne, l'anarchisme se résume à deux règles :

1ère règle :

Il n'y a rien. Comme dans la tête à Sarko.

2ème règle :

Personne ne s'occupe de la première règle.

 

Voilà comment réduire en deux petites pirouettes des années de luttes... Enfoiré !

Blague à part : ça devient trop facile de se moquer de Sarko. Faudrait lui demander un jour d'être intelligent. Hein ! Trou d'balle masqué ! Tu pourrais faire un effort, sacré nom de diou ! On serait obliger de trouver un autre souffre douleur et puis on te laisserait tranquille. Le pauvre...

- Ah ouai, Gros niqueurs..... Ahahahahah.....

- Tu viens de comprendre la vanne de tout à l'heure ?

- OUAI !!!!!!!!!

- Putain, t'en a mis du temps Jacky... Ah ! J't'ai pas dit !

- Tu as rencontré la reine d'Angleterre et elle t'a pris sur sa moto, je sais...

- Nananan... J'ai inventé une chanson ! Attends, bouge pas...

- Je bouge pas promis.

- Je te la chante.

- Deux secondes, je me bouche les oreilles et je vais à Cherbourg, chercher mon parapluie.

- Trop drôle... Alors... Elle s'appelle... (Roulement de tambour...): "Apprends à pisser..." !!!!

- Ouawwww. Je suis tout à toi.

 

L'autre soir, t'es rentré bourré

Complètement déglingué

Et t'as voulu pisser

Alors t'a visé la cuvette

Mais t'étais pas net

Pire qu'une chouette

 

Refrain:

Apprend à pisser!!!

T'es pas chez mémé!!!

Apprend à pisser!!!

T'es pas chez mémé!!!

Ah ! Ce Momo...

Quel rigolo...

 

- Et ?

- Et quoi ?

- Bin... C'est tout ?

- En fait, je n'ai que le premier couplet...

- Ah.

- C'est un début...

 

 

 

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08 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

5 / 7.

 

On parle d'amour... Enfin, plutôt de cul. On fantasme sur des filles du lycée. Sur des stars. On imagine dans quelles positions on les prendrait. J'utilise un coussin pour faire une démonstration. Amis du romantisme, Bonsoir ! Je me trouve minable. Tant pis. Vaut mieux être minable et se marrer, plutôt que de s'en foutre et déprimer. Ça, c'est dit. Buck me joue de la guitare. Une de ses compositions. J'adore. Je plane. Et promis, c'est pas le rosé...

On fait une compilation des meilleurs vannes de la semaine:

« Tu sais pourquoi les françaises aiment les journalistes alsaciens ? Parce que ce sont de GRONIQUEURS... AHAHAahaha...

- Je comprends pas...

- Chroniqueur... Gros niqueurs... Tu vois... Humour!

- Et que se pastis ?

- Ah, non, désolé, mais moi je turbine au Ricard.

- Et alors là, t'as la fesse gauche qui dit à la fesse droite: « Putain, ça pue dans le couloir...  »

- Après BUT, le juste prix, voici PUTE, la juste pipe !

- Putain, mais c'est original comme vanne, dis donc !!! Tu devrais postuler chez Carambar... me dit Buck. En ce moment, avec la crise, ils manquent de vannes fraîches. Alors avec toi, c'est bon, ils vont remonter la pente...

- Tu sais comment on dit tailler une pipe en québecois ?

- J'en sais foutrement rien mon cher tabernacle !

- On dit : « Manger des graines » ou bien « Tailler des queues de castor.»

- J'adore les québécois.

 

La suite, demain...

 

 

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07 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

4 / 7.

 

Je m'en bats les caracas.

J'aime bien cette expression. J'aime bien dire aussi : Je m'en cogne. Ou bien : Je m'en tamponne le coquillart. Ouai, elle déchire celle-ci. Je m'en contrefous. Elle claque aussi. Je m'en bastonne. Héhé... Au final, je fais semblant d'être un grand. ELEPHANT ! C'est moi qui beugle là...

On passe le portail d'une cours sombre et puis on rentre dans son immeuble. Sa chambre est un peu plus grande que la mienne, mais elle reste petite. On repicole. Deux bouteilles de Rosé pourrie. Le Jack's Daniels. Clope. Fumée. Odeurs. Brume. Vision. Faune étrange déambulant dans les coins sombres de ma tête. Des Zombies jouant des claquettes au bord de l'eau. Des nymphes déshabillées près d'un sanctuaire grec, les seins qui gonflent lentement. Des créatures qui somnolent entre les roseaux, des milliards de petits yeux, des murmures antiques, une armée de fantômes dans la Ville, une Princesse de cristal, dans sa prison en Norvège, des Muses alcooliques aux lèvres amoureuses, des Fée coquines, des Guerrières fragiles, une Diane dans sa robe d'herbe et de racines...

On écoute les Stooges, à rendre hystérique les voisins. Captain BeefHeart, Deep Purple. C'est foutrement bon. Heureusement qu'au cours de ma vie, y a eut des types comme lui, Shaggy, Russo et Stephanie Says. Sinon, je serais encore entrain de chanter « Je ne suis pas un blaireau » de Daniel Balavoine, devant ma glace.

Jack Daniel Balavoine... Le son malté... AHHHHAAAAAA ! C'est encore moi qui déconne, là...

La suite, demain...

 

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06 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES.

3 / 7.

 

On fait alors un bisou à notre pote et nous voilà, Buck et moi, sur la route, la nuit, à marcher sur les trottoirs vides, maculés par la merde de la journée et la poussière que les gens ont déposé avec leurs pensées. Je sens leurs odeurs, leurs histoires, leurs emmerdes, leurs fantasmes et leurs rêves. Je raccompagne Buck chez lui. Il fait nuit. Les lampadaires cylopes penchent leur oeil unique sur nos têtes et laissent couler des larmes orange. Tout est noir et orange. Les routes sont luisantes comme des dos de marsouins. Et le ciel lui, est noir comme le trou du cul d'un phacochère. Enfin j'imagine, je voudrais pas aller voir au fond de son cul si c'est vraiment aussi noir que cette nuit là, mais bon, j'imagine, hein, laissez moi ça, c'est ma seule porte de sortie.

On sonne chez les gens à 1 heure du mat, et on court, pouffant de rire comme deux gamines. On fait un concours de crachat. Première Palme pour moi, avec un lancé franc à 2 mètre 6. Après, Buck réussit à toucher un panneau : Interdit de stationner. Prix de la mise en scène. J'essaie de viser une bagnole qui passe. Prix de la connerie. Raté.

On gueule contre les bagnoles, les mannequins des affiches sur les arrêts de bus, on pisse autour des jeunes platanes.

Passant devant un buraliste, on voit des pubs pour des Magazines. Je remarque que Dorcel Mag', interdit pour les moins de 18 est à côté de Kids Magazine, revue pour enfant de 6 à 12. Une pin-up, les seins à l'air, le bassin cambré et qui a l'air de dire « Viens me chatouiller le clito mon chéri... » côtoie un personnage de dessin animé souriant et une espèce de machin-truc-pokémon à côté de lui. À croire qu'ils le font exprès.

« C'est qui Maman sur la photo ? Pourquoi elle est toute nue, la dame ? »

Ou pire :

- T'as vu Maman, c'est Carmen Electra !

- Qui ça mon chéri ?

- Bin Carmen Electra, c'est grand frère qui m'a montré...

 

Mouarff... On se fend la gueule comme des putois.

 

 

La suite, demain...

 

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05 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

2/7

 

On est chez notre pote Léo quand je pense à tout ça. Buck est là. On boit des bières, avachis sur le canapé. On rigole. On discute. On se branle la nouille. On rêve à 3000. À un moment, je dis :

 « Je viens de commencer Harry Potter 7... J'ai hâte de savoir la fin !

 - Pfff... La fin... Tout le monde la connait, dit Buck. Harry se transforme en drag-queen et se prostitue au bois de Vincennes, Ron devient professeur de math et Hermione travaille comme serveuse au McDonald...

- Arrête, moi j'adore Harry Potter. Je suis l'un des plus grands fans !!!

- Mouai... Aller, rentre chez toi, Bisounours.

 On a goûté au ouzo. En hommage à notre prof d'Histoire-Géo du lycée. J'ai lu un article de Charlie Hebdo. Et puis là, Léo nous a montré une bouteille que son coloc a gardé. Une bouteille en plastique, quasiment vide, mais contenant un étrange liquide jaunâtre et vert, genre pisse d'alien. On se fend la gueule. On se dit qu'il est sûrement en train de faire sa mue. Et puis il est l'heure de partir. On s'embrasse la moule et on file. 

La suite, demain...

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03 avril 2016

COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

1 / 7.

 

Pour Sylvain.

 

« J'ai croisé une fille dans le bus.

Elle était assise à quelques sièges de moi. Elle écoutait son mp3. Elle avait une bouche qui disait : « Mmmm... Embrasse-moi... ». Des lèvres aussi pulpeuses qu'une pêche. Une gorge et un cou... Si doux, on aurait dit de la mousse de cappucino. Et un décolleté... J'avais envie de m'allonger dedans et d'y installer un hamac. Et puis ses yeux... C'était si comme toute la galaxie s'était nichée au fond de ses iris. Plus poétique qu'un Star Wars. Sur le coup, j'eus envie de lui faire l'amour, de l'envoyer aux 38ème ciel et de faire une partouze avec elle et les anges...

Elle m'a soudain accordé un regard. Un seul. Indifférent et monotone. Puis elle s'est retournée. Contre la vitre. Comme si de rien était. Impassible. Horrible.

Elle était tellement belle qu'on aurait pu l'installer dans un musée. Les gens seraient venus du bout du monde pour l'admirer et la prendre en photo. Il y aurait eu un panneau à ses pieds : " Le plus beau tableau vivant."

Et puis non, je me suis dit. Je suis con. L'enfermer dans un musée, ce n'est pas une bonne idée. Elle ne serait plus qu'un objet, qu'une péripatéticienne. J'peux pas l'enfermer. Faut lui laisser sa fulgurance, son éclat, sa flamme. Faut savourer l'instant. Je ne vivrai plus jamais ça. Je suis l'unique spectateur de ce moment de l'Histoire. Savoure les secondes, mec. Comme des gorgées d'hydromel. Admire cette image éphémère. Imprime ses formes dans ta caboche. Brûle au fer son visage dans ta tête. Capture un échantillon de son parfum. Mets-le en flacon.

J'essaie de faire ça. Avec mes petits moyens. Même si je sais pertinemment que tout n'est qu'une illusion, et que mes souvenirs, face à la réalité, ce sont les pucerons contre l'éléphant, Mike Tyson contre L'homme de verre...

Alors elle est partie. Je me suis dit au fond de moi, qu'elle avait beau être sublime, si ça se trouve, c'était la reine des connes... Enfin, je peux pas savoir. Je ne la croiserai plus jamais. D't'façon, les gens, vaut mieux les voir en portait parfois... C'est tout. »

Tout ça, c'est ce que j'aurais dit à Buck si j'avais eu les couilles de parler. Mais, lui, j'en suis sûr, il m'aurait répondu :

« Putain... La chienne. »

 

La suite, demain...

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15 mars 2016

LOVE STORY...

 

POURQUOI « BATMAN VS SUPERMAN » POURRAIT FAIRE UN SUPER-PORNO GAY ?

 

1. Parce qu'en voyant l'affiche-teaser du film - avec le logo de la chauve-souris dans le dos de Superman - on ne peut qu'imaginer des choses humides et torrides... Marc Dorcel n'aurait pas fait mieux :

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- Hum... Oui... Rapproche-toi, mon petit Batminou...

 

2. Parce que le premier combat entre ces deux super-héros dérivera irrémédiablement en scène sadomasochiste : pourquoi porteraient-ils des costumes moulants si ce n'est pas pour se la coller sévère ? Hum ?

 

Extrait de dialogues :

CLARK KENT :

« Il n'y qu'une seule issue à ce combat, mon Bruce La Bruce... »

BRUCE WAYNE, sortant son bat-fouet :

« Viens que je te Clark les fesses... »

 

3. Parce que tout le monde sait que Bruce Wayne découvrira en premier l'identité de Superman (Le subterfuge des lunettes, excusez-moi, mais bon...). Batman aura juste à lui proposer une tisane à la kryptonite... Pour ensuite passer au choses sérieuses. Dans la Batcave. Avec Alfred en porte-jarretelle. Et Robin derrière la caméra.

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Salut. Cela ne se voit pas, mais je suis en porte-jarretelle là...

 

4. Parce que le bras de fer entre ces deux super-héros pourrait vite tourner en vidéo promotionnelle pour la Fistinière... (Où mettront-ils leurs poings à votre avis?! 1)

5. Parce qu'on sent bien qu'après 300, où des grecs bodybuildés se battaient au ralenti dans la poussière et la sueur, le réalisateur Zack Snyder a bien envie de remettre les couverts avec nos deux héros en collants.

6. Parce que les titres pour les trois prochains épisodes sont déjà trouvés : « Batman et Superman : Le Trou Noir », « Batman et Superman se Marient » et « Batman et Superman Vs Christine Boutin. »

 

Affiche

 

P.S. Bien sûr, je déconne un plein tube ! Les scénaristes ne sont pas fous au point de tenter quelque chose d'aussi génial ! (Ils laisseront l'industrie du porno s'en occuper... ). En attendant, ils feront ce qu'on leur demande : un duel de 2H30 bourré aux testostérones sur les hauts de Gotham et de Métropolis avec un taux de démolition d'immeubles à faire pâlir Michael Bay et des scènes de bastons rythmées par les « TIIIIIIIIIIIN !!! TIIIIIIIN !!!» de Hans Zimmer, qui signera ici sa 46ème variation du même thème musical...

1: SUR LES i !

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