Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un regard sur la route
Publicité
17 novembre 2010

RUBBERQuentin Dupieux Avec une introduction des

affiche_rubber

RUBBER

Quentin Dupieux

Avec une introduction des plus fantasques - que je ne peux dévoiler sous peine de spoiler la virginité de vos attentes - le dernier film de Quentin Dupieux, alias Mr Oizo pour les intimes, s'ouvrait sur les chapeaux de roues (Ahaha) en proclamant haut et fort son droit au non-conformisme et à l'absurdité scénaristique : à l'appui, son fameux manifeste du : « No Reason ». Il ne fallait donc pas s'attendre à des avalanches de scènes gores, même s'il y en a, rassurez-vous, ou à des peaux couvertes de goudron et de plumes dans un bain de tripes et de sang. Non. Rubber est un hommage au cinéma du genre, slahers, série Z, où le grand méchant loup est interprété par un pneu du nom de Robert : C'est gonflé ! (ça c'est fait). Mais Rubber est avant tout, et cela bien au-delà de l'humanisation du pneu( Tout le but est de montrer qu'on peut transmettre des émotions humaines (Meurtre, Concupiscence ou Narcissisme...), à travers n'importe quel prisme qui nous tomberait sous la main, un pneu par exemple...). Rubber est un truc que j'appellerais prétentieusement méta-film. (Non, ce n'est pas un méchant dans Transformers ). Pourquoi un méta-film me direz-vous ? Tout simplement, mon cher Jamie, parce qu'il s'agit d'un film qui met en scène le processus cinématographique lui-même ( Oh les gros mots ! ) avec un public, un système d'intermédiaire occulaire ( Autrement dit des jumelles ) et des acteurs, qui peuvent se permettre de se shooter le buffet pendant le film, tout en gardant la carafe bien intacte ( Si vous n'avez pas compris la subtilité de ces images, je vous préconise d'aller vous faire voir.) : “ Oh mais c'est bon ! Il n'y a pas besoin d'avoir de fin dans notre film, tout les spectateurs sont mort empoisonnés par la bouffe (cinématographique) facile... Vous pouvez me tirez dessus en toute sécurité...” Cumulant ainsi deux registres, avec primo, le côté fendart : Ouai, il faut l'avouer, c'est carrément fun de voir un putain de pneu exploser des putains de têtes. C'est sûrement la seule  fois dans notre vie que nous verrons (Yuna ?) ce genre de film, alors profitons-en ! Secondo, il pose son film comme une réflexion sur le cinéma : Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'on peut se permettre ? Qu'est-ce qui importe ? Pourquoi y-a-t-il autant de trucs sans raisons ? C'est  un peu snob mais ça mérite le coup d'œil. Avis donc aux fins ruminants du 7ème Art et aux âmes gorophiles. Rubber reste un film contemplatif et superbement photographié. Il y a des longueurs et une certaine vacuité assumé. Mais attendez vous à une surprise du genre. Panneau triangulaire : Attention, ça dégomme : Cinéma expérimentale et chaussée hilarante.

buried_affiche_333308_33227

BURIED

Rodrigo Cortés

Mettre pendant 90 minutes un spectateur dans un cercueil, il fallait oser. Rodrigo Cortès l'a fait. Joel Schumacher ( Qui n'a pas de frère roulant en Ferrari) avait presque réussi le même pari, mais lui s'était réservé une cabine téléphonique et un casting plus étoffé. En tout cas, si vous êtes claustrophobe, je vous conseille plutôt d'aller faire un tour du côté de chez Swann que de vous enfermer entre six planches aux côtés d'un pauvre type qui n'a rien demandé. Sinon, accrochez bien vos ceintures : vous ne décrocherez pas de si tôt. Le suspens est là pour vous appâter jusqu'au dénouement, ce qui fait la force du film, mais aussi, quelque part, sa faiblesse. La progression en dents de scie fonctionne moyennement bien, avec son côté répétitif et téléphoné (Ahaha), ce qui traduit bien la difficulté de soutenir un rythme d'action dans un cercueil et résume finalement le film à un long crescendo sans véritable but ( Et vas-y que j'te fais monter la sauce, que j'te la fait redescendre, que j'te la remonte et que j'te la redescends.... Hum, continue chérie...). On aurait pû rêver d'un truc plus pulp et crade, mais Cortès, sous couvert d'une expérience filmique conceptuelle ( On pense à une installation vidéo ), tente une critique moralisatrice des institutions américaines qui n'aiment pas se mouiller dans les affaires sales, et du gouvernement U.S. à l'heure de la guerre d'Irak. Je ne critique pas l'effort technique, qui démontre une réelle maîtrise. C'est vachement bien foutu et ça décharge parfois de bonne dose d'adrénaline. La fin est assumée et fait mal. Elle change la donne habituelle et ose brandir un gros méga fuck devant nos petites gueules de spectateurs. Mais bon, l'originalité ne fait pas toujours la grandeur d'un projet.

Publicité
Commentaires
T
Pas vu Buried (et pourtant j'avais apprécié la scène claustro de Kill Bill 2, un peu moins longue mais dans la même veine) mais je suis tout à fait d'accord pour notre ami Robert, le pneu le plus flippant du cinéma. C'est beau, c'est drôle et en plus, c'est profond. Bref, ça poutre !
Répondre
A
Attends que j'appelle Marcel...
Répondre
J
Oh oui Fred! fais monter la sauce! ^^
Répondre
Publicité
Un regard sur la route
Archives
Publicité
Pages
Publicité
Publicité