Godzizi Cartoon

Chapitre 13 – Retournements de vestes et de situations

 

Lorsqu'il était mioche, Godzilla n'aimait pas qu'on se moque des étrangers.

Faut dire, qu'il faisait partie des parias et des moins que rien. Alors quand Mothra, la grande pimbêche, venait lui chatouiller les narines avec ses ailes, ou même quand Ghidora lui tirait trois fois la langue, God ne tournait jamais le dos. Jamais. À chaque fois, il se levait et engageait le combat. Il ramenait dialectiquement le débat à sa racine et torpillait ses adversaires. Ouvrir le ventre à la vérité. Décaler le regard des autres. Tels étaient les missions de ce cher mutant.

Alors, quand Gargantua répéta toutes ses conneries, Godzilla ne rempila pas par un missile rhétorique, non. Il se dit qu'il pouvait faire mieux. Plus intelligent. Plus concret.

« Gar... »

Le Géant, qui grommelait dans sa barbe et qui semblait être résolu à l'échange de phalanges, le toisa : « Quoi encore, foutre de couille ? Qu'est-ce que tu veux avec ton intelligentzia superieuriora ?

- Écoute-moi mon cher Gar, et après, je ne t'embêterai plus... Je comprends ta souffrance et j'en suis sincèrement désolé. Parfois, faut s'incliner devant la réalité et ne pas l'écarter avec pédance. Mais sache que je ne lâcherai pas le morceau et... »

Gargantua allait l'interrompre, mais Godzilla coupa court :

« Voilà ce que je te propose : suis-moi encore quelques kilomètres , accompagne moi pour voir ta Marine et laisse moi lui rentrer dedans intelligemment. Tu assisteras à une joute verbale entre elle et moi. Si tu trouves que je suis plus convaincant, je te demanderai de revoir ton jugement. Et de voter pour quelqu'un d'autres aux prochaines élections. Si je perds et que je me débine, alors tu pourras repartir avec elle et nous continuerons nos routes chacun de notre côté, comme si nous nous étions jamais connus, comme si nous n'avions pas trinquer à la santé des alouettes tourangelles et des neiges du Mont Fuji... Entendu ? »

 

Chapitre 14 – Il était un foie.

 

Au même instant, à Mourmelon-Le-Petit, Jean-Jacques, grand chasseur de galinette, lève les yeux au ciel, hume l'air et sent qu'il doit aller poser une pêche.

Pour un chasseur, c'est le pompon.

Il fait un signe à Roger - son ami de toujours - comme quoi y a la chaudière qui déborde, les tubes qui boudent et les pistons qui fulminent. Clin d'oeil. Petits pets. Et claquement de portes. Bien planqué dans sa cabane, alors qu'il amorce les hostilités, il sort, toute voix dehors, une ignominie raciste insoutenable. Trop c'est trop. L'univers s'ébranle, la balance de la justice s'émeut ( comme les vaches) et Zeus, Yahvé, Allah et Dieu mettent en pause leur partie de tarot.

Non. Ce n'est pas possible. Il faut que ça cesse.

***

« Va donc ! Je te suis ! Mais pas d'entourloupes ! Tu dois montrer que tu as raison ! Sinon, je te fous hors de Françoysie ! »

Godzilla est aux anges.

« Tu ne le regretteras pas ! Laisse-moi te dire simplement quelques mots... »

Une épaule autour du cou, Godzilla explique encore une fois sa manière de voir à son alcoolyte, malgré sa moue (tarde) et ses grimaces.

« En tous cas, retiens bien cette technique ! Si tu veux te joindre à moi, pendant le combat, cela pourrait être très utile ! Un coup à gauche, un coup à droite et paf...

- Je ne participerai pas à la joute, je serais point héraut, ni porte-étendard ! Je ruminerai vos paroles et serait seul décideur de la véracité de vos dires et la clameur de vos idées... Car je... »

Alors qu'ils avançaient tous les deux, v'là-t-y pas qu'un truc énorme leur tombe sous les lampions.