Godzizi Cartoon

Chapitre 9Les Larmes Maltées

 

Je ne sais pas si tu as déjà vu ça, mon cher lecteur, mais je crois que tu vas pouvoir assister à un phénomène assez rare.

Tu sais, y en a qui pleure comme des madeleines, t'en as d'autres qui lâchent des larmes de crocodiles... Et bien laisse-moi te présenter ma nouvelle trouvaille.

Gargantua fixe le Lézard Géant. Il bredouille dans le vide. Zyeute ses chausses.

Toute la colère accumulée appuie sur ses pistons. La pression s'inverse et vient titiller ses mirettes. Des petites bulles palpitent dans son champ de vision. Sans pouvoir se contrôler, sans pouvoir crier « Holà », sans même pouvoir imaginer que ça déborderait aussi sec, il se met à pleurer de la bière, de la belle blonde houblonnée à l'amertume et à la mélancolie. Il n'y peut rien, le Gar. Il pleut, il mousse, et pourtant, y a pas de nuages en forme de fut (ret du bois joli) !

Voyant ce spectacle, Godzilla ne peut empêcher un ongle de compassion lui pincer le ventricule.

« Hé. Oh. Gargan ? Faut te reprendre mon vieux ! Dans mes cours de français, t'étais le pape de la drôlerie et des blagues, le seigneur de l'humanisme et de la lumière. Comprends ma déception quand j'entends tes sornettes sur les maures et les mosquées... »

Patatras, deuxième tournée, le Gargantua se ressert deux pintes.

« Chépa c'qui m'arrivasse, mon pote, j'ai des larmes qui m'piquent la place et le cerveau qu'abdique la chevalerie...

- Il faut pas abdiquer comme ça. T'as d'la ressource, mecton ! Écoute... C'est pas parce qu'il y a du chômage qu'il faut prendre les premiers étrangers venus comme bouc émissaire ! Les boucs, c'est toujours les autres. Alors que non !

- Attends, attends. Je vais chercher quelque chose...»