COMME UNE CHANSON DES BABYSHAMBLES

7 / 7.

 

- Tu sais quoi, j'en ai marre d'être célibataire... L' autre jour, je suis tombé en admiration devant une fille, et devine quoi, qui qui qui qu'c'est qu'elle embrasse ? Une nana ! Une putain de nana.... J'aurais pu me flinguer... Une lesbienne. Merde quoi. Y pas de justice.

- Putain, quand c'est pas cool... C'est vraiment pas cool...

- Oui, ça, tu l'as dit... Heureusement que t'as fait Hypokhâgne pour me sortir ce genre de conneries... Putain de lesbos. Putain de couille de foutre de raclure de merde !

 

Après avoir refait le monde 18 fois, picolé pour avoir au moins chacun 2 grammes dans le sang, je décide de décamper. Je le prends dans mes bras en lui souhaitant que la force d'Iggy soit avec lui.

Je rentre à vélo, rond comme un ballon. Les lignes de la route jouent la valse à mille temps. Je chante au milieu des immeubles qui pioncent. Les lampadaires dégoulinent leurs larmes orangeâtres sur la macadam, comme du sirop sale. Je donne un brusque coup de guidon pour éviter le cul d'une bagnole. Je lève les yeux vers le ciel. Plein d'étoiles. Des bulles de champagnes en suspension.

Je passe devant un immeuble. Il y a des types au balcon. Les échos d'une fête, le murmure des discutions, le battement de la musique. Je leurs gueule dessus. Ils me jettent des capuchons de bière. Je les évite et leurs fait un bras d'honneur.

Je traîne ma carcasse jusqu'à ma chambre de 9 mètres carré. Je ferme à clef. Je regarde mon visage de zombie. Je fais un arrêt cardiaque. Je me défroque et j'm'endors. Je pense à la fille du bus, qui ne pense pas à moi. J'irais l'enterrer demain dans mon cimetière à souvenir. Faut pas que je m'attache. Faut pas que j'm'attache... Je me lève soudain. J'ai mon ventre qui est en train d'accoucher. Je me dirige vers le bidet et dégueule une belle galette acide. Me pieute. Dans mon sarcophage.

Enfin.

La vie, c'est comme la cigarette.

C'est toujours bateau sur l'eau de faire ce genre de comparaison, parce que bon, franchement, la vie c'est la vie. Point barre. Mais quand même... La vie et la cigarette, ça se résume bien tous les deux. Parce qu'au final, l'un et l'autre, c'est vraiment risqué.... Tu vis, c'est risqué. Tu fumes, c'est risqué. Et si t'arrêtes, faut trouver autre chose, faut compenser... Y en a p'têtre qui gueule : « Mais qui va payer vos soins quand vous aurez un cancer du poumon ? Hein ? » Moi je leurs réponds: « On meurt tous, Messieurs et mesdames, faut pas se leurrer ! Et puis, pour vous, qui payera vos soins quand vous aurez un cancer de l'orgueil ? Hein ? »

Bon. Sur ce, j'ai pas fini ma clope littéraire.

Allez lecteur...

Je te lâche ma fin.

 

 

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