JUNE BUG

( 10/10 )

 

C'est un pré d'herbe haute et sucrée.

 

Le ciel est chaud.

 

Franz est allongé, les pieds croisés.

 

Anne est assise contre Max.

 

«  Vous avez vu qu'il y a un film sur Margaret Thatcher qui va sortir ? »

«  Hum. »

«  Moi, j'irais jamais voir un film sur Margaret Thatcher. Car aucune femme sur la planète ne serait jamais plus con que son frère, ni plus fier ni malhonnête... »

«... à part bien sûr Madame Thatcher ! »

 

Ils rigolent.

 

Les herbes piquent.

 

L'air est doux.

 

Max sort des bières.

 

Anne a les cheveux emmêlés et deux mèches épaisse sur le côté, comme une princesse elfique. Elle observe Max à l'envers.

 

Franz regarde les nuages.

 

«  Les nuages, ils sont comme moi. C'est pour ça que je les aime. Et c'est pas has been du tout de regarder les nuages... »

« Oh la vieille rancune... »

«  Bin ouai... »

«  Et je vous ais dit que j'ai vu un aveugle hier ? »

«  Nan. »

«  Bin, je le regarde, comme ça, au hasard. Enfin, je regardais surtout la vitrine du magasin de lingerie féminine où une charmante demoiselle en pixel semblait me proposer un plan cul torride... Et là, je vois l'aveugle qui passe, et qui lève soudain les yeux sur le mannequin. Comme s'il venait de retrouver l'usage de ses deux yeux ! »

« Nan ? »

«  Bin si ! »

«  Ouaw. Et moi qui croyais que l'amour rendait aveugle. »

«  Bin je peux t'assurer qu'il peut redonner la vue... »

«  En fait, Jésus c'était un type qui se trimballait en soutien gorge devant les aveugles pour leurs redonner la vue... »

« Hum... Ça doit être pour ça que je suis athée et myope en amour.»

« Mais non. Tu t'poses trop de questions... »

 

Franz regarde Anne.

 

«  Tu crois ? »

«  Un peu mon n'veu ! »

 

Ils se taisent.

 

Ils avalent une gorgée de bière. Une brise passe sur leurs petits bras et apaise la chaleur pendant une fraction de seconde. Les tiges d'herbe frissonnent. Les oiseaux sifflent et reprennent leurs morceaux de folk ensoleillé.

 

Franz s'envole.

 

« P'têtre que le monde tient debout, uniquement grâce aux oiseaux.... P'têtre que les oiseaux, c'est les rois du monde et qu'on le sait pas. »

«  Avec les chats » rajoute la gonzesse.

 

Anne sourit. Frantz réfléchit.

 

«  Hum. Et les chats... »

 

Il réfléchit encore.

 

Il pense à tout ces chats.

 

« Ah non. Pas les chats. Ils sont trop cons... »

 

 

 

FIN